Le cinéma japonais.
Aujourd’hui: « La loi yakuza: mort par pendaison/Yakuza keibatsu shi: rinchi! » de Teruo Ishii (1969)

Trois histoires, trois époques, le XVIIIè siècle, la Belle-époque et la fin des années 60. Un seul thème: les châtiments que s’infligent les yakuzas en cas de violations des règles.
Le Yakuza-eiga fut parmi les genres les plus populaires du cinéma japonais tout au long des années 60/70. De nombreux réalisateurs s’y adonnèrent, certains même en firent leur spécialité. Surtout connu pour ses films érotico-sadiques (« Femmes criminelles » notamment) Teruo Ishii y toucha cependant devant moins cet éclectisme aux commandes des studios qu’à son goût personnel, en particulier avec la série « Line » au début des années 60. Cette dernière se caractérisait pour son ton particulièrement salé pour l’époque. Vous l’aurez compris, monsieur Ishii aime à provoquer. Aussi, lorsqu’il revint dans le monde des gangsters de l’archipel en 1969,soit un an après ses polissonneries violentes, Ishii ne se priva pas quant aux excès graphiques. « La loi yakuza… » est en effet un festival d’yeux arrachés, de chairs brûlées, d’amputations, amenant ce polar aux frontières de l’horreur.



Tout cela n’aurait qu’un intérêt limité si Ishii ne tirait parti de la répétition forcément inhérente au caractère de l’entreprise pour dire deux choses: d’abord la constance dans la cruauté, quelle que soit la période durant laquelle se déroulent les récits et ensuite, une dénonciation de l’arbitraire qui s’exerce dans le monde criminel. Enfin, et ce lors de la conclusion, Ishii révèle la fausseté des règles qui sous couvert de rigueur et de droiture cache en fait la seule loi qui vaille chez les truands: chacun pour soi, et c’est le plus rusé et le plus cruel qui l’emporte, pour paraphraser une formule célèbre.
Pour finir, il faut noter dans le premier sketch la présence de Bunta Sugawara, acteur fétiche de Kinji Fukasaku qui pour une fois ne joue pas un rôle contemporain.



A bientôt!
