Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers

Un air anglais, le retour…

Raretés du cinéma britannique….

Même s’il en recèle moins que son équivalent transalpin, le cinéma britannique n’est pas pour autant dépourvu de films étranges, souvent marqués par les trait marquants de la nation dont il est issu: l’humour, le goût du merveilleux et, parfois de l’atroce. Les trois sont parfois servis ensemble, donnant des résultats surprenants et, dans certains cas…succulents!

« Pulp/Retraite mortelle » de Mike Hodges (1972)

Un auteur de romans policiers bon marché accepte contre espèces sonnantes et trébuchantes la proposition d’un gangster américain qui souhaite qu’il lui écrive sa biographie. Pour ce faire, l’écrivain se rend sur le lieu de résidence de son employeur retiré sur à Malte. Dès son arrivée, des événements à la fois incongrus et tragiques se multiplient.

Mike Hogdes, Michael Caine. Le doublé gagnant de « La loi du milieu » sorti l’année précédente se reforme ici pour un film relevant certes du genre policier mais sur un ton autrement plus léger. Il y a du macabre, soit, mais drôle. Un humour décalé citant Lewis Carroll, un récit à tiroirs qui accumule les fausses pistes et les figures extravagantes tels un vieil anglais végétarien ou un mystérieux américain apparemment très amateur des romans écrits par le personnage et secrètement éoniste, ainsi que le prouvent les dessous féminins retrouvés dans sa chambre après son meurtre. C’est d’autant plus amusant quant on sait que le travelo amateur est interprété par le très viril Al Lettieri, lequel se faisait dessouder par Al Pacino dans « Le parrain » la même année.

A ce propos, il faut signaler la distribution excellente autant que bigarrée. Mickey Rooney dans le rôle du truand à la retraite, Lizabeth Scott ancienne muse du film noir, Lionel Stander avant « L’amour du risque », Robert Sacchi éternel sosie de Bogart, et bien sûr la charmante Nadia Cassini! Je ne citerais pas en bonus le brushing de Michael Caine, pourtant spectaculaire.

Michael Caine et Nadia Cassini.

Al Lettieri

Mickey Rooney.

Robert Sacchi.

Robert Sacchi et Lizabeth Scott.

Au final, un film plaisant et qui mérite bien mieux que la réputation que certains lui ont fait. Plaisant même si sa source n’est pas si plaisante. En effet, le scénario s’inspire lointainement d’un fait divers qui défraya la chronique en Italie en 1953, connu sous le nom « D’affaire Wilma Montesi ». On retrouva sur une plage le cadavre de la susnommée, sans que cela n’alerte outre mesure l’opinion publique. Mais c’était sans compter l’acharnement de la presse italienne, laquelle servit pour une fois à autre chose qu’à colporter des ragots. A la suite d’une longue série de unes « coup de poing » et d’enquêtes menées par des journalistes entêtés, il apparut clairement que la mort de la malheureuse Montesi cachait un scandale concernant les plus hautes instances de l’état en cheville avec la Mafia.

De l’utilité du sens de l’humour face au drame.

A bientôt!


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