La Croisette (ne) s’amuse (pas) Ou l’ennui cannois.
Je vous parle d’habitude dans cet humble blog de ce que j’aime. Mais en ces temps cannois ou un jury soumis au dogme du jour couronnera un quelconque excrément bien pensant, l’amertume, la colère et même la fureur se sont emparés de moi. Equivalent du Goncourt ou du Nobel de littérature, le festival de Cannes s’est parfois hasardé à donner la récompense suprême (Enfin la sienne) à de grands films. Mais pas toujours. Pour un « Apocalypse now » combien de « Meilleures intentions »? Pour un « Monde du silence », combien de machins prétentiards et vite oubliés? Soit, les jurys ont parfois évité les écueils. Tel le pénible « Furyo » qui reparti bredouille malgré le poutou à Bowie grâce auquel le réalisateur se croyait paré de toutes les chances de succès.
Toutefois, ce bon sens ne fut pas toujours au rendez vous. Pour preuve, les deux choses que j’ai décidé ‘assassiner avec mes modestes moyens dans cet article.
« L’arbre aux sabots/ L’albero degli zoccoli » de Ermanno Olmi (1978)
Que ceux qui ignorent ce qu’est l’ennui aillent se ruer sur cet objet aussi beau que chiant qui nous conte les malheurs d’une famille de pauvres paysans du sud de l’Italie qui perdent tout parce que le père a dépiauté un arbre appartenant à leurs maître pour fabriquer une paire de sabots au plus jeune de ses fils.
Voilà, c’est tout. Ah si, il y a une lente et majestueuse description de la ruralité italienne au début du XXè siècle. Semailles et moissons, jour nuit, matin midi et soir. Tout ce que vous n’avez jamais voulu savoir sur le sujet vous est servi ici avec une application supérieure à celle du Bertolucci de « 1900 ». Ce qui n’ est pas peu dire. Mais là ou Bernardo (Sans Zorro) traitait de nombreux thèmes, Olmi se contente d’un exercice de contemplation. A moins de se préparer à entrer chez les contemplatifs, cela n’ offre AUCUN intérêt!
Comme il y a (parfois) une justice, le film ne survécu pas longtemps à sa récompense. En effet, qui parle e « L’arbre aux sabots » aujourd’hui?
Allez, prochaine victime!

« Les chariots de feu/ Chariots of fire » de Hugh Hudson (1981)
Il y a des musiques qui survivent au film qu’elles illustrent. Ce fut le cas de celle des « Chariots de feu », composée par Vangelis dont le succès dépassa le cadre du cinéma pour servir à tout et parfois n’importe quoi. Pour en revenir à l’oeuvre de Hugh Hudson, elle décrit la victoire lors de l’épreuve de course à pied du Royaume uni lors des J.O de je ne sais plus quelle année. La course, en tous cas des gens qui courent, c’est cinégénique, moins que la boxe mais plus que la pétanque (Malgré « Plein fer », étonnant nanar, mais ce n’est pas le sujet) Et là, on est gâtés, à condition d’aimer les belles foulées, bien entendu. Mais à part ça, de quoi que ça cause? Des deux coureurs, voyons! Un ambitieux qui souhaite rendre le sport professionnel (1) et ainsi en faire la machine à fric qu’il est devenu jusqu’à son ultime dégénérescence comme le prouve les idées de madame Hidalgo. L’autre plus raisonnable court pour sa foi. Cette ineptie reçut la palme d’or en 1981, décidément année de toutes les catastrophes, la moindre n’étant pas l’élection de François Mitterrand.
Enfin, cette chose ouvrit les portes de Hollywood à Hudson. Ce dernier put ainsi nous offrir « Greystoke » et son Tarzan frappé de strabisme, l’incomparable Christophe Lambert, puis « Révolution » avec un Pacino en pleine perdition en écossais qui participe bien malgré lui à la libération des américains. Pacino en écossais (N’importe quoi!) du XVIIIè siècle (N’importe quoi, bis!)
Mais je m’égare.
Mieux vaut réécouter Vangelis!

(1) Le sport fut longtemps cantonné au Royaume uni dans les marges de l’amateurisme et des écoles de prestige au Royaume uni qui formaient des athlètes dont la carrière s’arrêtait après leurs études.
