Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers

Littérature française.

Aujourd’hui: « La montagne morte de la vie » de Michel Bernanos. (1967)

Un jeune homme embarqué presque de force sur un galion subit la brutalité de l’équipage mais trouve un allié dans la personne du cuistot, Toine. Ces derniers survivent au naufrage du navire qui conclue une traversée cauchemardesque. Après une longue dérive qui les mène ua bout de leurs forces, les deux hommes parviennent sur ce qui semble être une île ou le ciel est est rouge et ou la seule vie présente est végétale. Et ce n’est que le début de leurs surprises.

Je vais assumer le cliché qui va suivre mais il s’impose. Il est des patronymes lourds à porter, surtout pour le fils d’un écrivain qui ambitionne de suivre les traces de son père. Oui, Michel Bernanos était le fils de Georges, était-ce pour cela qu’il décida de fausser compagnie à ce monde à l’âge de quarante ans par suicide en 1964? Nul ne le sait mais tout le monde a son idée sur la triste question. Je ne vous donnerais pas la mienne, et ce n’est d’ailleurs pas la question. Outre sa fin prématurée, Bernanos cumula les déveines, ses oeuvres n’ayant pour la plupart été publiées qu’à titre posthume. A l’énoncé d’un tel palmarès, il serait le candidat idéal au titre de « Poète maudit » Il écrivait également de la poésie, à ce propos) et susciterait cette sympathie qu’on aime accrocher aux perdants. Parfois à tort.

Aussi, assez parlé de l’homme, qu’en est-il de l’auteur? A en juger par cette « Montagne morte de la vie », l’écrivain s’avère à la hauteur de sa légende car il parvient à passionner avec presque rien. Deux hommes sur un bateau entourés de brutes, puis perdus en un lieu déserté par la vie humaine mais qui n’en est pas moins dangereux. Un style classique, nerveux et envoûtant tout à la fois nous entraîne dans le sillage de ces héros dépassés mais qui ne cèdent jamais à la veulerie tout en ne mentant pas sur leurs faiblesses et leur désarroi face aux dangers constants qui les entourent.

Bien que baigné dans le fantastique (Lequel? Je vous laisse le découvrir!) le récit se révèle très réaliste et crédible, en particulier dans la description des souffrances endurées par les personnages, au point que le lecteur croit les ressentir. C’est la marque d’un talent certain mais également d’un vécu, Bernanos avait en effet mené une vie aventureuse dès l’enfance, suivant son père dans ses différents exils, de Majorque au Brésil avant de prendre son envol en exerçant divers métiers pénibles, notamment dans les plantations d’hévéas du…Brésil.

Michel Bernanos et son père au Brésil dans les années 30.

En bref, un livre et un auteur à découvrir.

A bientôt!


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