Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers

Littérature française ( Et policière!)

Aujourd’hui: « Démago story » de Pierre Siniac (1996) suivi de « L’utilisation des restes »

Ce livre du quelque peu oublié Pierre Siniac présente ainsi qu’i est indiqué plus haut rassemble en fait deux textes. D’abord un court roman qui donne son titre à l’ouvrage ensuite une longue nouvelle. Il est à ce propos intéressant de noter la notion de longueur en littérature, laquelle sépare le roman de la nouvelle par une infinité de nuances qu parfois fatigue un peu. Quoiqu’il en soit, commençons par le commencement, cette « Démago story » qui donne sont titre à l’ouvrage. Ce court roman narre les mésaventures d’un jeune élu tout juste entré au parlement qui se trouve bientôt victime d’un chantage à caractère sexuel, ce qui est d’autant plus gênant pour notre homme qui représente un parti attaché à l’ordre moral. Le personnage pris dans ce piège appartient à la grande famille des antihéros qui peuple l’univers de Siniac. Miteux, lâche, fauché, pur produit de son environnement qui pourrait se définir en un mot: médiocre. Jusque dans les malheurs ridicules de ce malheureux politicien au petit pied.

C’est drôle, grinçant et surtout, ça ne donne pas envie de voter. Blague à part, le problème de « Démago story »est que Siniac se laisse un peu trop aller à son goût pour les minables. Son « héros » (Oui avec beaucoup de guillemets!) est vraiment trop lâche et trop stupide. Et le manque de compassion de l’auteur à son égard n’arrange rien. Ce qui est inhabituel chez ce dernier qui montrait plus de compréhension par ailleurs. Certes, Siniac a suffisamment de talent pour faire passer la pilule, encore une fois, on rit (par moments) et encore une fois, il est heureux que le livre soit bref.

Passons maintenant à « L’utilisation des restes » qui complète le volume. Un écrivain en pleine tournée de dédicaces est poursuivi par un vieil homme qui lui demande à chaque ville visitée de lui signer un exemplaire du même livre. Bizarre. Mais jamais sous le même nom. Doublement bizarre. Le scribouillard va vite se rendre compte de ce cache ce petit jeu dont l’incongruité est davantage soulignée par l’insignifiance de son meneur. Et c’est dangereux.

Malin, imprévisible, et tétanisant avec cet air de ne pas y toucher propre à Siniac « L’utilisation des restes » contient en quelques pages le meilleur de son auteur. Et justifie l’achat du volume.

Pour finir, sans trop divulguer, la phrase en exergue de la nouvelle « L’utilisation des restes: ceci n’est pas un manuel de cuisine »

A bientôt!


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