Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers

Johnny je veux ton sexe! Ou les rejetons sexués de « American Graffiti »

Que Sylvie Joly me pardonne de lui avoir emprunté cette phrase pour intituler mon article. Mais il n’empêche qu’il est pertinent en regard du sujet traité ici: la descendance du film de George Lucas: « American graffiti », chronique de la fin d’adolescence d’un trio d’amis qui remporta un succès planétaire, ce qui permit à son auteur de décoller de la Terre pour nous livrer des aventures intergalactiques remplies de boites de conserve qui parlent et de bestioles caoutchouteuses au milieu desquelles se (dé)battent des gentils contre des méchants pour le triomphe d’un bien non identifié.

Mais je m’égare. Quoiqu’il en soit, les fanas de bagnoles en quête d’eux-mêmes de ce film qui coûta peu mais rapporta gros (Comme le Loto, mais qui fut en revanche difficile à faire) ne pouvait que susciter des émules. Parmi ces derniers, certains insistèrent particulièrement sur l’aspect charnel caractérisant l’adolescence et qui n’était qu’effleuré dans le film de Lucas.

Bon autrement dit, les ados sont des obsédés. Et ces films le prouvent! « 

« Happy days » (AKA « Erotic graffiti ») de Beau Buchanan (1974)

Le titre dit bien ce qu’il veut dire, non? Bon,comme je ne suis pas rat, je vous en dirais donc un peu plus sur ce porno réalisé par un certain Buchanan dont la vie était dirigé par un gras gourou au crâne rasé et aux grandes oreilles et qui organisa son film autour des fantasmes de ses interprètes sur une bande-son pseudo d’époque. Rigolo.

Kim Pope, star du porno ici en uniforme de collégienne fifties dans « Erotic graffiti »

« Faites gaffe les filles, Archie se pointe/Hot times » de Jim McBride (1974)

Ah les idées des titreurs français dès lors que le titre d’origine ne rend rien dans notre langue. Il est vrai que ces messieurs avaient du travail ors des années 70. Entre les westerns italiens et les films d’arts martiaux asiatiques, l’ouvrage ne manquait pas quoiqu’un peu monotone. Aussi ressentirent-ils comme un bol d’air cette chronique d’un puceau bien décidé à ne pas le rester (Avec sa tête, faut le dire, il y a du boulot!) dans des fifties mal reconstituées en l’intitulant « Faites gaffe les filles… » (Bon, je vous fais grâce du reste!) Pas grand chose à en dire autrement sinon que son réalisateur accéda à des budgets plus conséquents tout en demeurant fidèle à des références fifties. Preuve en est son piteux remake de « A bout de souffle » « A bout de souffle made in USA » (1983) ou Richard Gere court après Valérie Kaprisky sur fond de Jerry Lee Lewis.

Revenons donc chez nous non sans faire un crochet par le Royaume uni avec « A nous les petites anglaises » de Michel Lang (1976) qui suit des lycéens français en goguette sur la terre des angles afin de parfaire leur maîtrise de la langue. Surtout fourrée en l’espèce, la drague les occupant davantage que les études. Bon, ça tout le monde le sait. Je voudrais rendre hommage à l’actrice Brigitte Bellac. Oui, Brigitte Bellac, l’interprète de Mireille, la coincée aux cheveux tirés en arrière humiliée au début du film par un mauvais plaisant qui la débarrasse de sa jupe en plein examen. Tout ça pour voir si elle porte une culotte petit « Petit bateau » (Une marque déposée, je ne l’oublie pas!)

Heureusement, Mireille aura sa revanche. Doublement, même. Quand le mauvais plaisant susmentionné se trouvera acculé par des Teddy boys (D’authentiques spécimens locaux recrutés pour l’occasion) à la jeter dans les bras de ces derniers, visiblement affamés de françaises nubiles. La Mireille s’en trouvera épanouie, ainsi qu’on le verra plus tard, les cheveux libérés et chantant à tue tête. Ceci dit, j’en profite pour rendre hommage à cette très intéressante et éclectique comédienne qui apparut notamment aux côtés des Inconnus. Il faut saluer également son courage face à la maladie, elle souffrit de graves problèmes aux genoux. Ayant plus d’une corde à son arc, Brigitte Bellac est également un auteur et une dessinatrice de taent. So long, Brigitte!

Pour conclure, cette curiosité venue d’Israel « Lemon popsicle » de Boaz Davidson (1978) autre chronique adolescente qui suit l’éducation sentimentale de trois amis à la fin des années 50. Convenu mais plutôt agréable, il obtint un grand succès dans son pays avant d’ouvrir à ses producteurs les portes du marché américain. Pas n’importe quels producteurs, puisqu’il s’agit de Menahem Golan et Yoram Globus qui prient en charge la firme Cannon pour nous abreuver des exploits de Chuck Norris (Entre autres joyeusetés) tout au long des années 80.

A bientôt!


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