Karatékas and co. Ou les aventures martiales de Jean Marais à la télévision!
Ah la vogue des arts martiaux au cinéma! Débordant de leur berceau asiatique, Kung fu, Karaté et leurs variantes déferlèrent sur le monde. Des USA à la Turquie, de Hollywood à Tamanrasset, bien peu échappèrent à la vague. La France y succomba elle aussi, en livrant l’inénarrable « Docteur Justice » déjà chroniqué ici. Mais si notre cinéma y alla de son écot, la télévision française ne fut pas en reste avec ces « Karatékas and co » série d’action et d’aventures ou des agents très spéciaux dirigés par l’Empereur à la fois ancien espion et conservateur de musée volent au secours de justes causes.
Avant d’aller plus loin, je voudrais m’arrêter un instant pour dire toute mon admiration pour Jean Marais. Je n’avais jusque là jamais eu cette occasion, aussi profite-je de celle-ci . Il aura fasciné et ému avec les films de celui qui fut l’amour de sa vie Jean Cocteau. Il aura fait rêver petits et grands incarnant le héros français avec un panache rarement égalé depuis, et absent de notre époque trop avide de déconstruction et qui ne conçoit les homosexuels que comme des pitres à perruque pour l’Eurovision. Il aura fait rire dans Fantômas. Bref, il fut un acteur complet et un artiste accompli, sculpteur, dessinateur et peintre qui n’était pas loin d’égaler son maître. Il était de surcroît connu pour son amabilité et sa générosité. En étaient témoins ses partenaires ainsi que les habitants du village de Vallauris ou il élit domicile.
Il eut par ailleurs la sagesse de se retirer au bon moment, délaissant le cinéma pour le théâtre ou il brilla tant dans le répertoire Shakespearien (« Le roi Lear ») que dans celui de René de Obadia (« Du vent dans les branches de sassafras ») Il se consacra aussi à la télévision. Pour le meilleur. Et pour « Karatékas and co »

Réalisée par un certain Edmond Tyborowsky ( Euh, t’es qui toi?) cette série vise la grande aventure sans en avoir les moyens mais demeure sympathique. Notamment en raison d’une partie de la distribution le solide catcheur kalmouk Iska Kahn et la charmante Anna Gael, séduisante actrice de souche hongroise qui mena une carrière dans les années 60/70, tournant avec Michel Deville, Max Pécas ou encore Edouard Molinaro, un parcours divers et varié, donc.

Deux choses encore avant de finir. Cette fiction comptait sept épisodes dont seulement six furent diffusés et fut l’une des dernières à être filmée en noir et blanc. En outre, il faut noter la présence à l’adaptation et aux dialogues de Henri Viard, excellent auteur de romans policiers humoristiques dont il a été question dans ces pages.





A bientôt!
