Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers

Frédéric Dard et le cinéma, suite. Avec Jean Pierre Mocky et d’autres….

J’ai déjà consacré des articles aux rapports du créateur de San Antonio avec le cinéma. Les méchantes langues diront que je ne me renouvelle guère, les autres qu’il s’agit d’une récurrence. Les derniers auront raison, un blog devant avoir une ligne directrice.

Le présent article sera axé sur deux réalisateurs renommés qui se sont attaqués à cet univers: Claude Chabrol et Jean Pierre Mocky.

« Les magiciens » de Claude Chabrol (1975)

Un riche oisif qui séjourne dans un hôtel de luxe du Maghreb rencontre un magicien employé par l’établissement pour la saison. L’illusionniste propose évoque le plan d’un assassinat au vacancier. Ce dernier décide de l’appliquer.

Jean Rochefort, Franco Nero, Stefania Sandrelli, Gert Frobe, Claude Chabrol…n’en jetez plus! Une affiche de rêve qui cache un résultat mitigé. Très critiqué à sa sortie, le film de Chabrol souffre d’un manque de rythme dont il est bien difficile de savoir s’il relève d’un manque d’intérêt du réalisateur ou d’une difficulté de ce dernier à donner du relief à ce récit qui offre pourtant des possibilités.

Le film n’est cependant pas un ratage complet, grâce notamment à ses acteurs et si Chabrol ne montre pas ici le meilleur de son talent, il fait au moins montre d’un certain métier. Mis voilà, il ne ressort pas grand chose de cette histoire. D’aucuns expliqueront cet échec par le fait que le roman de Dard à la base du scénario n’est sans doute pas le plus marquant de son auteur, ce qui serait discutable. Nombre de films réussis et parfois importants se sont inspiré de livres mineurs. Il existe d’ailleurs un cinéaste spécialiste du genre, et pas des moindres, Stanley Kubrick dont les films sont pour la plupart des adaptations romanesques mais… de romans qui valaient davantage pour leur potentiel cinématographique que pour leurs qualités propres- à quelques exceptions notables toutefois telle « Lolita » de Vladimir Nabokov. En l’espèce Chabrol a loupé le coche, pour une raison ou pour une autre. Outre le possible manque d’intérêt réel pour son sujet évoqué plu haut, il s’agit peut-être d’une difficulté à traduire en images l’atmosphère vénéneuse des romans de Frédéric Dard, ce qui étonne de la part de Chabrol familier des bourgeois qui aiment à s’envoyer en l’air. Dans tout les sens du terme.

Au suivant.

« Le mari de Léon » de Jean Pierre Mocky (1993)

Boris, le mari de Léon du titre, est l’homme à tout faire de Léon. Mais qui est Léon? Un acteur de théâtre insupportable, égocentrique mais dévoué à Léon comme ce dernier lui est dévoué, couvrant toutes ses turpitudes. Y compris et surtout les pires.

A l’image du roman, glauque, désespéré, mais trouvant un sens de l’amitié même s’il s’exprime chez des individus pour le moins peu recommandables. Mocky réussit là ou bien d’autres ont échoué dans l’art de faire du Dard au cinéma. Il s’y était d’ailleurs frotté auparavant avec « Y’a-t-il un français dans la salle? » dix ans plus tôt mais avec plus de succès. Au sens plein du terme. Malgré le talent et son professionnalisme, Mocky souffre d’un budget étroit et la qualité du « Mari de Léon » s’en ressent parfois. Par ailleurs, le public ne se déplaça guère, le film n’obtenant aucun succès.

Néanmoins, il présente suffisamment d’attraits pour mériter une redécouverte. Pour finir, une anecdote: la bande-annonce amusante qui montrait Dard et Mocky déguisés en Sherlock Holmes avec en fond un homme au derrière nu. A cette image s’ajoutait la question cruciale: »Pédé or not pédé? » That is the question!

Un humour qui vaudrait le bûcher de nos jours.

A bientôt!


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