Frédéric Dard au cinéma ou Dard scénariste et adaptateur.
Un échantillon des participations de San Antonio à divers scripts.
« M’sieur la caille » de André Pergament (1955) D’après le roman « Jésus la caille » de Francis Carco qui dut son titre au veto de l’auteur qui renia le film. Il y avait de quoi. Le roman racontait le destin tragique d’un jeune gigolo pour les deux sexes (Surtout pour les hommes en fait, ce ne fut d’ailleurs pas pour rien que Jean Genet s’en inspira largement pour l’écriture de son « Notre Dame des fleurs ») qu’une prostituée vieillissante tente de sauver. Il est ici dénaturé, édulcoré réduisant l’antihéros du récit en demi-sel méprisé pour sa faiblesse (Joué par un Philippe Lemaire, déjà très mou) qui est pris en pitié par une jeune file publique (Jeanne Moreau) et qui encoure les foudres d’un caid (Robert Dalban) et d’un des hommes de main (Roger Pierre, dans un rôle de dur, il y a de quoi rire!) Vous ‘aurez compris, il s’agit d’un vrai, d’un grand, d’un authentique nanar. Et Jeanne Moreau qui s’exclame à la fin du film « J’ai tué mon homme », allez zou, au suivant!

« Le fauve est lâché » de Maurice Labro (1059) Film d’espionnage de bonne facture qui raconte les déboires d’un ancien agent secret rattrapé par son passé.

« Le dos au mur » de Edouard Molinaro (1958) Suspense psychologique très réussi ou Edouard Molinaro confirmait son talent qui raconte la machination ourdie par un industriel contre sa femme plus jeune que lui laquelle, bien sûr, le trompe. Détail amusant, dans le cadre du chantage, l’un des personnages se fait appeler « Yves Montand » sans qu’évidemment le futur Papet n’apparaisse. Outre les deux acteurs principaux, Gérard Oury et Jeanne Moreau, qui se montrent plus qu’à la hauteur, « Le dos au mur » fourmille d’excellents seconds rôles dont Philippe Nicaud et Jean Lefebvre en détective privé.

« L’accident » de Edmond T. Gréville (1963)
« L’accident » ou le triangle formé sur une île aussi éloignée que sinistre par le principal d’un collège, sa femme alcoolique et son nouvel amour, une jeune professeur fraîchement mutée dans l’établissement qu’il dirige. Je cite le film par exhaustivité mais ne l’ayant pas vu je ne puis avoir d’opinion. Toutefois, en regard du point de départ, il semble que tout cela finira mal!

« La bande à papa » de Guy Lefranc (1956)
Et voilà l’une des premières tentatives au cinéma de Fernand Raynaud! « La bande à papa » narre les déboires d’un brave type un peu niais (Avec Fernand Raynaud, tu m’étonnes!) pris entre son futur beau-père, policier zélé (Louis de Funès) et son paternel truand patenté (Noel Roquevert) Bon, Raynaud fait ce qu’il peut, casant chaque fois que possible ses grimaces, de Funès et Roquevert sont là heureusement pour suaver les meubles, ce qui est méritoire. Certains comiques de scènes ont réussi à s’insérer au cinéma, ce ne fut clairement pas le cas de Raynaud comme le démontre ce film pour le moins poussif. Cela ne l’empêcha pas de continuer. Allez, au suivant!

« Action immédiate » de Maurice Labro (1957)
Petit film d’espionnage avec plan secret, dangereux agents de l’étranger et atout charme avec la charmante Barbara Laage (Une actrice bien oubliée de nos jours!) sans oublier le héros joué par Henri Vidal. Il y aurait peu à dire si le nom du héros n’était Francis Coplan, personnage qui connut plusieurs vies. D’abord sur le papier, dans des romans édités chez Fleuve noir et écrits par Jean Libert (Par ailleurs père de l’actrice Anne Libert, mais c’est une autre histoire!) et Gaston Vandenpanhuyse qui signaient sous le pseudonyme de Paul Kenny. Quant à la vie cinématographique de l’agent du Deuxième bureau, elle commença précisément par ce film qui anticipa une longue série qui ne démarra vraiment qu’au milieu des année 60. Parce qu’il a ouvert une voie, bien avant James Bond. Pour cela seulement, il mérite qu’on s’en souvienne.

« Huit femmes en noir » de Victor Merenda (1957) (Titre alternatif: »La nuit des suspectes »)
Un enquêteur se rend dans une maison ou un homme a été assassiné. Les suspectes ne sont autres que les huit habitantes. Mais une seule parmi elle est la coupable. Laquelle?
« Huit femmes en noir » mérite qu’on s’y attarde un peu pour deux raisons. D’abord l’auteur de la pièce dont fut tiré le scénario, Robert Thomas qui réalisa lui-même quelques films pas piqués des vers, parmi lesquels « Mon curé chez les nudistes » (1982) ainsi que « Les brésiliennes du bois de Boulogne ». Ensuite, le destin de l’oeuvre en elle-même, qui fit l’objet d’un remake en 2002 par François Ozon avec une distribution quatre étoiles allant de Catherine Deneuve à Isabelle Huppert. Il est intéressant de voir le cheminement de cette pièce, l’identité de son auteur, et son aboutissement final à l’écran. Parti des zones obscures de la scène pour arriver à quelque chose de franchement grand public. Le contraste dans le traitement du sujet diffère lui aussi du tout au tout. Austère dans l’original, coloré et délibérément kitsch dans le remake.
Cela montre que si les chemins de la créations sont parfois tortueux, ils mènent parfois à des destinations inattendues!

A bientôt!
