Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers

Les excentriques du Rock’n’Roll.

Aujourd’hui: Les aventures de Jerry Lee Lewis bien après le coucher du soleil.

Pour le « Killer », les années 60 furent très difficiles pour avoir négligé la date de naissance de sa cousine avant de l’épouser. Quoiqu’il en soit, cette période cessa quand Jerry Lee revint à ses racines, la musique Country en 1968. Si beaucoup retiennent des années 60 du natif de Ferriday l’album en public enregistré au Starclub, ils oublient ou ignorent souvent le reste de sa production en studio. Parmi, il y a cependant quelques perles tel ce « Soul my way » sorti en 1967.

Jerry Lee qui fait de la Soul? Et pourquoi pas. Cette musique a poussé dans le même terreau que le Blues, la Country ou le Rockabilly. Preuve en est la présence de deux labels mythiques de la musique populaire américaine: Sun records et Stax, l’un représentant le Rock’n’Roll, l’autre la Soul. Elvis enregistra d’ailleurs dans ce temple de la Soul en 1973. Par ailleurs, au moment ou Jerry Lee s’essaie au genre, c’est le début de l’heure de gloire d’un croisement un peu oublié de nos jours: le Country Soul, dont Bobbie Gentry fut une des figures les plus connues ainsi que la pire de compositeurs/producteurs Chips Moman et Dan Penn, patrons d’American Studio.

Donc, Jerry Lee est en fait dans l’air du temps ne se tournant vers la Soul – ce qui ne lui apportera pas le succès. Mais quid du disque lui-même? Une sélection de morceaux qui balancent forcément entre les deux styles, induisant de larges rasades de cuivres et d’orgue, incluant comme premier titre le standard « Turn on your lovelight ». Rien que du classique en somme. A une surprise près: la reprise de « Just dropped in » récit de la journée d’un défoncé crée par le groupe (plus ou moins) hippie The First Edition qui comptait dans ses rangs Kenny Rogers futur vedette de la Country. Et que donne par Jerry Lee ce titre qui illustra de surcroît le film des frères Cohen  » The big Lebowsky » ? Un résultat intéressant, dépouillé des effets de la version originale, et dont la sobriété met en valeur les qualités de pianiste mais aussi de chanteur du musicien dont les talents vocaux n’ont peut-être pas été assez reconnus.

Au final, un album réussi mais qui manque un peu d’audace dans le choix des chansons. Toutefois, il présente l’intérêt de sortir de la routine dans laquelle était enfermé son interprète et annonce le renouveau de celui-ci.

A bientôt!


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