Les plus âgés d’entre vous se souviennent peut-être de celui que d’aucuns surnommèrent le « Russe Folies Bergères » autrement dit Ivan Rebrov. Il était à l’origine chanteur d’Opéra, allemand et né Hans Rolf Rippert en 1931. Célèbre pour avoir chanté le répertoire traditionnel russe en plaine guerre froide ainsi que de nombreux thèmes populaires issus de la variété ou de la comédie musicale, le plus célèbre étant « Ah si j’étais riche/ If I were a rich man » extrait du célèbre « Un violon sur le toit/A fiddler on the roof » (Après Zero Mostel, Chaim Topol et avant Paul Michael Glaser, eh oui, Starsky en personne!)
Ce géant débonnaire (Il mesurait 1,96m et les géants sont toujours débonnaires.) avait quatre octaves, parlait assez de langues pour ne pas se perdre dans la Tour de Babel (Et pas de Babybel!) et gagna une popularité planétaire (Et sans doute galactique, même les martiens devaient l’aimer) et notamment chez nous, ou il devint un familier des émissions de variétés, en particulier à Noel ou il offrait un très agréable complément au sapin au moment des paillettes de Maritie et Gilbert et Carpentier. Il fit même un peu de cinéma dans un film d’aventures devenu assez rare semble-t-il: « L’homme qui vient de la nuit » de Jean Claude Dague (1971), Dague dont le titre de gloire fut « Poussez pas pépé dans les cactus » réalisé trois ans plus tôt avec un Francis Blanche en pleine perdition. Dague gagna par ailleurs une célébrité douteuse en braquant sa propre banque, ce qui lui valut un séjour à l’ombre douloureux dont il tira un livre puis un film « Le dénommé » mais c’est une autre histoire. Ivan se limita à cette participation sur le grand écran, réservant ses apparitions en tant qu’acteur à la télévision.





Voilà, tout cela et bel et beau mais si ce n’est pas rien, ce n’est pas tout! Oui, car notre ami Ivan avait un frère, pilote de la Luftwaffe, Horst Rippert dont personne ne se serait soucié si l’intéressé n’avait confessé un grand péché et, par là même, sans doute levé le voile sur un des plus célèbres mystère de la Seconde guerre mondiale: la mort de Guillaume de Saint Exupéry. Horst aurait été selon ses dires responsable de la mort de l’aviateur écrivain. Horst aurait eu le mauvais goût de lui envoyer une rafale depuis son Messerschmitt. Cela dit, bien que probable, cette affirmation reste à vérifier.


A gauche: Horst Rippert. A droite: Saint Exupéry.
Afin de conclure, Ivan connut une triste fin. Les dernières années de sa vie furent obscurcies par l’aide envahissante de ses deux domestiques dont il était dépendant. Heureusement, il trouvait un peu de réconfort sur une île grecque ou il jouissait de la sympathie de la population locle et en particuier de celle du limonadier du coin qui le rinçait gratis tandis qu’il doublait le prix des consommations pour le reste de la clientèle, laquelle affluait dès que le chanteur apparaissait.

