Certains d’entre vous auront sans doute remarqué que dans mon article sur les belles de Russ Meyer qu’il manquait dans cette évocation la légendaire Tura Satana. C’était voulu. La belle nippo/amérindienne/irlando-écossaise/ américaine méritait bien un billet pour elle seule.
Tura Satana, née Tura Yamaguchi en 1938 au Japon à Hokkaido était la fille d’un acteur de films muets et d’une artiste de cirque. Sa famille migra à Chicago ou elle se montra bonne élève, s’avéra précocement dotée question balconnet, et fut malheureusement victime à neuf ans d’un viol dont elle poursuivi pendant quinze ans les auteurs. Elle s’initia aux ensuite aux arts martiaux, se fit chef d’un gang d’adolescentes, se maria à treize ans, devint danseuse nue à quinze, fut mère à dix sept. Elle pénétra par la suite le monde du spectacle, croisa du beau monde dont le King en personne avec lequel elle aurait eu une liaison. Elle lui aurait également appris ses girations, et enjoint de ne plus l’appeler « Madame » parce que ça la vieillissait.
La suite est connue. Quelques apparitions à la télévision et au cinéma dont une dans « Irma la douce » avant le grand rôle : Varla, la chef du trio d’effeuilleuses meurtrières de « Faster pussycat, kill! kill! » de Russ Meyer en 1965. Iconique et récupéré par tout le monde des féministes aux gays en passant par Jean Luc Mélenchon. Elle enchaîna avec deux autres perles cultes « The astro-zombies » de Ted V. Mikels (1968) puis « Superflics en jupons/ The doll squad » du même Mikels, sorte de précurseur de « Drôles de dames »
















Alors, pour la suite, la dame s’installa de son vivant dans la culture pop, déclinée en divers objets allant du maillot de corps à la poupée. Tura Satana est un bon exemple du « Faire beaucoup avec peu ». Vedette de films très moyens voire de nanars, elle laisse cependant un héritage considérable dans l’imagerie populaire. Je traite souvent dans ces pages de films idiots, de nanars en raison du divertissement qu’ils me procurent. Toutefois si cette mentalité du « Tellement mauvais que c’en est bon! » a ses raisons – l’ouverture d’esprit, notamment-, elle a aussi ses risques. En particulier celui de gâter le goût et, à terme, e ne plus faire de différence entre ce qui possède de vraies qualités et ce qui ne présente qu’un intérêt relatif. Certes, Russ Meyer dans ses meilleurs moments (Et d’autres cinéastes d’exploitation) a atteint une sorte de délire qui mérite le coup d’oeil et donne sa place au cinéaste dans l’histoire. Toutefois, il ne faut pas en abuser. Ceci posé et pour revenir à Tura Satana elle-même, en dehors de son image, elle lègue une vie plutôt qu’une oeuvre. Et c’est peut être aussi parce que l’exploitation ouvre une porte sur ce genre de personnages aux vies incroyables qu’elle n’est pas complètement à jeter.
A bientôt!
