Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers

Le cinéma français.

Aujourd’hui: « Y’a-t-il un français dans la salle? » de Jean Pierre Mocky (1982)

Un homme politique en vue(Victor Lanoux) fait deux découvertes qui le mettent au tapis. D’abord un homme que son oncle séquestrait et qui non content d’être encore en vie, le fait chanter. En effet, notre politicien n’a pas la conscience claire. Ensuite, il découvre l’amour sous les traits d’une très jeune fille. Ce dernier événement l’amène à se remettre en question, au grand dam de son entourage.

Sorti en 1982, entre « Litan » (Incursion dans le fantastique.) et « A mort l’arbitre » ( Une nouvelle satire sociale.) « Y’a-t-il un français dans la salle » relève de la veine satirique grinçante de Mocky. Il y rencontre pour l’occasion son double littéraire, en l’occurrence Frédéric Dard, auteur du roman dont le film est adapté. Les deux hommes, apparemment amis dans la vie, ne pouvaient que s’entendre, partageant le goût de la langue verte, des minables pathétiques ou dangereux et de l’irrévérence.

Toutefois, si le film ne manque pas d’insolence (Notamment concernant les fantômes de l’Occupation) il est également tendre et -presque- romantique. L’histoire entre le politicien véreux et cette fille à peine sortie de l’adolescence n’est jamais tournée en ridicule, apparaissant ainsi comme une fleur poussant au milieu d’un tas de fumier. Il en va de même quant à la relation perverse nouée entre une femme d’âge mûr et une homme de plusieurs années son cadet qui se termine tragiquement lorsque ladite femme est abandonnée par son amant. Les contrastes sont nombreux, donc, et pas seulement lorsqu’il s’agit pour Mocky d’aborder les relations amoureuses. Le lien entre Victor Lanoux et « l’otage » de son oncle (Jacques Dufilho) n’est pas loin s’en faut lui non plus dépourvu d’ambiguités. Car, pour être dictés par la contrainte, leurs rapports n’excluent pas la connivence, allant parfois…jusqu’au conseil! Ah la scène ou Dufilho incite Lanoux à se teindre les cheveux.

Un très bon Mocky, un de ses meilleurs des années 80, qui prouve que le gros trait peut se mêler à la finesse. Recommandé!


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