Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers

Frank Zappa, Ruben Sano et le retour du Rock’n’Roll en pleine ère psychédélique.

Suite à l’article sur « The world’s greatest sinner » qui évoquait les racines Rock’n’Roll de Frank Zappa, j’ai trouvé opportun d’approfondir ce sujet. Pour ce faire, j’ai décidé de prendre comme point de départ l’album « Cruisin’ with Ruben and the jets » Le musicien rend ici hommage à la bande son de son adolescence, en l’espèce le Doo Wop, cette forme de Rhythm and Blues basée sur les harmonies vocales, tantôt frénétique, tantôt romantique.

« Cruisin’… » parait en 1968, ce qui est très intéressant dans la mesure ou cette année est aussi celle du retour d’Elvis et celle ou les grands groupes se détournent du psychédélisme. Les Beatles, un an après « Sergent Pepper’s… » retournent à leurs racines, Little Richard et Chuck Berry sur le double blanc, les Rolling Stones reviennent au Blues dont l’influence est plus qu’évidente sur « Beggar’s banquet ». Les Who apparaissent vêtus en Rockers (Cuir noir et casquette à la Brando en prime.) à la télévision lorsqu’ils sortent « Call me lightning » Quant au groupe de British Blues Ainsey Dunbar retaliation, ses membres posent en Teddy Boys sur la pochette de « To mum from Ainsley and the boys »

Dans ce contexte, le disque de Zappa s’inscrit dans un certain air du temps. Mais là ou les artistes précédemment cités se limitaient à des clins d’oeil (Plus ou moins appuyés mais des clins d’oeil quand même) Zappa recrée fidèlement par des compositions originales l’écriture et la sonorité de l’époque. Pas de pédale wah-wah de fuzz ou de distorsion ici, donc, loin des critères de la fin des années 60.

Faut-il parler de copié/collé. Pas vraiment, plutôt d’une évocation. De parodie? On serait tenté de le croire connaissant la forte tendance à l’ironie de Frank Zappa. Bien sûr, on sent que ces histoires d’amour adolescentes dont regorge ces chansons écrites de la plume de Zappa lui-même font sourire ce dernier. Sourire mais pas rire. Lors d’articles et d’entretiens, Zappa a clamé son amour pour cette musique, dont il regrettait l’innocence. En effet, alors que nombre de groupes se référaient à la drogue, le Doo Wop et la musique destinée aux adolescents des fifties baignait dans les sentiments et les émotions. D’une manière candide – d’aucuns diront simplistes- certes mais sincère. Alors, pas la peine d’en dire plus, replongeons nous via Zappa dans les historiettes de lycée et prenons du bon temps!


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