Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers

« Marc Dorcel, du sexe dru et puissant.. » Voila au début des années 80 ce que déclarait la publicité pour la désormais mythique firme de VHS porno, pardon de charme initiée par un ancien représentant en machines à coudre. Si personnellement j’ai une idée de ce que peut être un sexe puissant, en revanche je ne sais pas ce qu’est du sexe dru. Trêve de plaisanteries, « Marc Dorcel » fut pour les adolescents de ma génération une sorte de Saint Graal de l’onanisme juvénile mais qui présentait l’avantage d’être facilement accessible à ceux d’entre nous dont les familles possédaient un magnétoscope. Il suffisait alors à ces petits veinards de profiter d’une absence de leurs parents pour se régaler des atours de Cathy Stewart, Eva Kleber ou Marilyn Jess, Alban Ceray, Cathy Ménard. Si tant est que papa et maman étaient amateurs de ce genre de distractions. Aussi était-ce la fin du temps sinistre ou les mineurs devaient se contenter de rêver devant les affiches de films X qui ne proposaient pour tout potage que des titres suggestifs et souvent hilarants. « L’hôtesse n’a pas de culotte », « Sois belle et tête moi », « Grimpe moi dessus et fais moi mal »etc. On voyait donc enfin des images qui ne nous étaient pas destinées sans connaître le début de l’histoire. Du moins l’histoire officielle du film de fesse, laquelle commença au milieu des années 70. Certains des premiers acteurs de cette époque avaient migré chez Dorcel. Il est intéressant que le producteur et distributeur avait dans ce domaine un changement dans la continuité.Certes, il y avait la conversion à la vidéo, au détriment de la pellicule et une esthétique au goût du jour (Vestes à épaulettes, etc) qui incluait une prétention à l’élégance, mais à côté, il y avait un respect de codes défini par la firme qui avait précédé Dorcel sur ce marché: Alpha France. Comme dans les produits de cette dernière, ceux de Dorcel prenaient souvent pour cadre les milieux d’affaires, les belles propriétés voire les châteaux. Bref, on était dans le luxe et la bourgeoisie. Sans doute histoire d’ajouter du rêve au rêve.

Sur ce, je vous laisse.


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