Les excentriques du Rock’n’Roll.
Aujourd’hui: Marie France.
Il n’était pas chose aisée d’écrire un article sur Marie France, tant le personnage est incontournable. Ce terme si galvaudé s’applique pourtant parfaitement à la chanteuse pied noire et transgenre qui évolua dans tant de cercle différent. Chanteuse souvent, modèle parfois, actrice à l’occasion. Reine des nuits parisiennes aux Bains douches, égéries du duo photographique Pierre et Gilles, membre des Gazolines, métastase du FHAR ou Front homosexuel d’action révolutionnaire de Guy Hocquengem et Jean Louis Bory. Personnalité de la chanson française et pourtant si proche du Rock. Tour à tour Punk, Garage et Rock’n’Roll, elle partiqua tout sans se perdre en rien. Elle fut une évocatrice plutôt qu’une imitatrice de Bardot, Marilyn et Marlene Dietrich.
Tout cela pour dire que Marie France aurait pu aussi bien trouver sa place dans d’autres rubriques de ce blog. « Les rebelles de la chanson de la française » notamment. Toutefois, et comme vivre c’est choisir, j’ai décidé de me limiter à l’aspect le plus Rock’n’Roll de l’artiste via l’album « 39 de fièvre » paru en 1981 avec pour accompagnateurs principaux Vincent Palmer et Dynamite Yan, respectivement guitariste et batteur du groupe Bijou qui avait alors le vent en poupe. Le choix de ces musiciens n’était pas seulement du à cette popularité, l’orientation »39 de fièvre » étant Rockabilly, il allait dans le sens de l’évolution clairement 50s du groupe, ainsi que le démontre le 33 tours qu’il sortit peu après son escapade avec l’oranaise.

Mai qu’en est-il du disque proprement dit? Il contient d’abord des reprises en français de classiques anglo-saxons tel « Shakin’ all over » de Johnny Kidd qui devient ici « Le Diable en personne » ou encore « It’ll be me » de Jack Clement/ Jerry Lee Lewis transformé en « Chéri ce sera moi » Ensuite, l’album se compose de titres originaux composés par Jean William Thoury (Par ailleurs manger de Bijou, comme par hasard), en particulier « Les autres filles » plaidoyer pour les transsexuels.

Le résultat? Au risque d’en décevoir (Ou d’en énerver) certains, il est rien moins qu’anecdotique. Les versions de classiques du Rock ne sont pas mauvaises mais auraient gagné à demeurer dans la langue d’origine, quant aux compositions elles se laissent écouter mais ne restent guère dans l’oreille. En fait, si l’on compare avec les autres efforts autrement plus convaincants de Marie France dans la chanson française traditionnelle, « 39 de fièvre » constitue une incursion sympathique mais plutôt ratée dans un genre que, décidément, les français ont du mal à apprivoiser. Caramba! Encore raté…
