Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers

Cigarettes, bazookas, romans de gare et grosses pépées du Costa Rica. Ou quand l’aventure s’infiltrait partout lors des années 80.

Les années 80 se caractérisèrent de diverses manières, notamment en poursuivant une célébration de la virilité de façon parfois tapageuse et de l’un de ses corollaires: l’aventure. Fictive par les romans de populaires ou le cinéma, dont Rambo fut une des incarnations les plus fortes, réelle par les défis que n’importe qui pouvait tenter de relever par des compétitions type Camel Trophy. Ce fut aussi lors de cette période qu’ émergèrent avec un grand succès des personnalités d’aventuriers nouveau genre, tantôt scientifiques telle l’herpétologue Nicole Viloteau dite « La femme aux serpents », tantôt baroudeur multicartes comme Cizia Zike.

Alors, coiffez le broussard, chaussez les bottes, c’est parti!

Initié en 1980, le Camel Trophy proposait de l’aventure à la carte à qui voulait y participer. Ainsi, le cadre sup (On ne disait pas encore CSP+) avit l’occasion de perdre du gras autrement qu’à la salle de muscu. Qu’on me pardonne mon incompétence, mais j’ignore quand s’arrêta le Trophy mais il semble qu’il n’ait pas survécu aux années 80 dont il était un des aspects iconiques. Il serait probablement impossible, ou à tout le moins très difficile, de rééditer un pareil concours qui serait vu comme une vile manifestation du masculinisme (Sandrine Rousseau, sors de ce corps!) C’est vrai, sur ses publicités on voyait des hommes qui n’étaient pas déconstruits et qui ressemblaient à des hommes. C’est vrai qu’une marque de cigarettes finançait la chose et que le tabac c’est pas bon pour la santé. De nos jours n’importe quel petit merdeux est incapable de faire une phrase sans faute de grammaire mais sait vous rappeler à que c’est pas bien de fumer s’il vous surprend clope au bec. C’est vrai enfin que les grosses Range Rover emblèmes de la course et fabriquées soit dit en passant au Brésil consommaient de l’essence et polluaient, c’étaient pas le bus au colza de Bayrou ou les voiturettes électriques pour neuneus et alcoolos virés du permis que voudraient voir se multiplier les écologistes. Mais c’est l’image d’un temps ou totu n’était pas interdit. Alors, merde, buvons, fumons, roulons vite et baisons sans capote!

Sorti en 1985, « Rambo II, la mission/ First blood part II, the mission » deuxième volets des aventures de l’ancien combattant cabossé devenu super-héros de l’Amérique de Reagan suscita de nombreux avatars. Outre les films qui le plagiaient, il y eut également une série animée paraît-il désastreuse ainsi qu’une chanson intitulée « Rambo »-ça tombait bien- chantée par un sosie de Sylvester Stallone connu sous le nom de Wayne Scott (Il s’appelait en fait Joe Gentissi) Ce dernier eut droit en France aux honneurs du JT d’Antenne 2 face, si mes souvenirs sont bons, à Noel Mamère et même au plateau de « Demain c’est dimanche » émissions de variétés présentée par les Charlots. Là, c’était la consécration. Ce classique post-moderne était composé et produit par Henri Belolo, déja découvreur du collectif de génie « Village people ». On notera à ce propos les plans insistants sur les pectoraux du pseudo-Stallone qui feraient hurler au virilisme à l’heure ou notre président se prend pour Rocky. Rassure toi Sandrine, les images de ces puscles saillants et huileux ont aussi plu aux gays!

Cizia Zyke, aventurier et écrivain français de souche albanaise, jeta un pavé dans la mare en 1986 avec la publication de « Oro », récit de ses aventures en tant que chercheur d’or au Costa Rica. Un pavé dans la mare, oui, car cet homme a accompli des exploits et le moindre ne fut pas d’éviter de se faire chier en regardant Pivot et l’autre de provoquer l’ire du président costaricain qui reprochait à notre franco-albanais de se moquer de son pays. En effet, dans l’évangile selon Zyke, cette obscure nation d’Amérique latine sans armée (Ils n’ont qu’une gendarmerie) avait toutes les tares, la plus grave étant d’être peuplée de grosses femmes. Attention monsieur le président, c’est Cizia qui le dit, pas moi. Quoiqu’il en soit, Cizia Zyke eut une existence agitée avant, pendant et après la publication de ce premier livre. Cela mériterait un sujet, mais ce sera pour plus tard. Allez, comme chantait Brel: au suivant!

Honneur aux dames (Pour complaire à Sandrine) avec celle qui restera à jamais dans l’esprit du public « La femme aux serpents » : Nicole Viloteau. Elle nous fit rêver avec ses reptiles dont elle semblait la meilleure copine. Viloteau réconciliait l’exploration scientifique, l’aventure, la zoologie et le spectacle forain. A part ça? Rien. L’ennui avec es gens bien, c’est qu’il y a peu à endire. Au suivant!

« Force Knack » (Non ça n’a rien à voir avec les saucisses!) série d’espionnage parue au milieu des années 80 mettait en scène une équipe de supers agents luttant contre une organisation terroriste et forcément maléfique et dirigée par un chef supra-intelligent caché à Washington. Typique de l’époque quoiqu’en dessous de la moyenne de ce genre d’ouvrages généralement plus musclés, « Force Knack » signé Rod Garaway est en fait l’oeuvre d’un auteur déjà évoqué dans ces pages: André Caroff. Hélas, il est ici loin de la veine et de la verve de Madame Atomos.

Conclusion (En tous cas, on fait comme si!) Ces images ont suscité les rêves et les fantasmes de beaucoup, incité certains à accomplir des choses, distrait les autres. Certes, les excès et l’esthétique peuvent prêter à sourire. Toutefois, ces derniers nous rappellent une époque ou, si tout n’était pas rose (Le néolibéralisme ambiant eut nombre de perdants, ce ne fut pas pour rien que cette décennie fut surnommée « Nos fantastiques années fric »), une certaine liberté existait encore. Néanmoins, et je le dis sincèrement, il ne faut pas trop verser dans la nostalgie et se battre pour retrouver ce que les tenants autoproclamés du bien veulent nous prendre.

A bientôt!


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