Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers

Littérature militaire.

Aujourd’hui: » Faut pas rire avec les barbares. » de Albert Spaggiari (1976)

J’ai déjà évoqué à plusieurs reprises Albert Spaggiari, devenu un genre de figure légendaire suite au casse de Nice dont il fut l’instigateur et le maître d’oeuvre (Ce rôle lui fut cependant contesté, mais ce n’est pas le sujet) et témoin de nombreux événements du siècle passé. En revanche, j’ai seulement survolé le Spaggiari écrivain. Certes, il es connu pour la relation de ses exploits bancaires « Les égouts du Paradis » mais l’oeuvre de l’homme ne se limite pas à cet ouvrage. Il y en a quelques autres, parmi lesquels « Faut pas rire avec les barbares » édité chez Robert Laffont, lequel éditeur se fendit pour le livre d’une préface tant il l’avait aimé.

De quoi s’agit-il? Du récit à plusieurs voix d’un groupe de parachutistes coloniaux en Indochine lors des dernières années de la guerre (La fin se déroule à Dien Bien Phu) Ainsi, à tour de rôle, Romain, Larry, Bert, et quelques autres racontent leur quotidien entre les marches commando, les escarmouches, le repos à l’arrière avec les amours plus ou moins vénales. Parfois des voix étrangères à celles de ces hommes du rang interviennent, telle celle de la maîtresse de l’un d’eux ou encore celle d’un officier. La guerre n’est pas ici romantique ou spectaculaire, pas plus d’ailleurs qu’elle n’est dénoncée. Non, ici on vit le conflit avec les personnages, la mort qui les guette, leurs querelles, leurs craintes et leurs rêves. Il est à ce propos intéressant de voir la confrontation permanente que pose l’auteur entre l’idée que les hommes se font de la réalité et cette réalité. C’est grâce à cette mise en perspective que « Faut pas rire avec les barbares » se hisse haut dessus de nombre de livres consacrés au conflit indochinois et des récits qui n’ont pour eux que leur caractère « vécu » et en fait une oeuvre littéraire à part entière et pas seulement un témoignage de plus. Cela prouve aussi que l’état de monte en l’air mène à tout, y compris au talent d’écrivain!


Laisser un commentaire