Bikers made in France. Deuxième partie.
Toujours en 1968, une autre figure française taquina le guidon, en l’occurrence Alain Delon qui se commit au Royaume Uni dans « La motocyclette/ The girl on the motorcycle » de Jack Cardiff, ou il partageait
Bon, de quoi ça cause? Une jeune femme qui s’ennuie avec son mari trouve de l’évasion et du réconfort grâce à la moto et surtout à Alain Delon, lequel incarne ici un prof de philo et coureur moto. C’est tout.
Inspiré du roman « La motocyclette » de André Pierre de Mandiargues, auteur de nombreux romans et nouvelles au caractère poétique souvent teintés de fantastique, le film de Jack Cardiff montre avant tout les limites de l’adaptation à l’écran d’un oeuvre littéraire. Dans le livre de Mandiargues, il ne se passe pas grand chose mais cette platitude est compensée par les images, les métaphores, e style. Mais si cette liberté est permise à un écrivain (Proust en est le meilleur exemple) il en va tout autrement pour un cinéaste qui a besoin d’un minimum d’action pour susciter l’intérêt du spectateur. Cardiff tente bien de maintenir un peu l’attention en jouant avec le fétichisme inhérent au sujet (L’érotisme du cuir et de la monture mécanique, déjà exloré par Kenneth Anger dans « Scorpio rising » quelques années plus tôt) et en cédant au psychédélisme alors en vogue (Ouh, la belle bleue! Ou plutôt la violette quand l’écran se teinte de cette couleur chère aux évêques.) Mais rien n’y fait « La motocyclette » reste terriblement ennuyeux. Un ennui semble-t-il partagé par les acteurs, en particulier Delon qui a parfois l’air de se demander ce qu’il fait là. Néanmoins, il faut reconnaître à celui qui constitue un des derniers monuments de notre cinéma que dans ce cas, il prouve son aptitude à s’impliquer dans des projets originaux bien que pas forcément aboutis. Cet aspect de sa carrière fera peut être d’ailleurs l’objet d’un billet sur ce blog. Je n’ai pas beaucoup parlé de Marianne Faithfull qui est pourtant la grande attraction du film mais j’avoue l’avoir un peu effacée en raison de son attitude envers Alain Delon dont elle trouvait qu’il ressemblait à « une plaisanterie qu’on pourrait faire sur un français » Chère Marianne Faithfull, nous ne nous connaissons pas mais sachez qu’Alain Delon en dépit de ses défauts réels ou supposés a au moins eu le mérite de se hisser par lui-même là ou il est. Vous, vous êtes née avec une cuillère d’argent dans la bouche ou elle aurait du rester, cela vous aurait empêchée de dire des sottises.








