Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers

Les grands excentriques français

Aujourd’hui Albert Spaggiari

Albert! Une figure mythique de mon enfance, et pas que de la mienne. Le casse de Nice, une bonne distraction lors du caniculaire été 1976. Mais avant ce coup d’éclat, l’homme avait un passé chargé. Para en Indo, il y goûta de la prison suite au cambriolage d’un milk bar (C’était pour récupérer l’argent d’un camarade tombé au front que ne voulait pas rendre le patron dudit établissement) Il apprit derrière les barreaux le métier de chaudronnier, se maria en Afrique, fut de nouveau arrêté pour avoir détenu des tracts de l’OAS avant de se ranger pour devenir photographe.

Mais un tel homme ne pouvait pas rester longtemps insensible au démon de l’aventure. La lecture d’un obscur polar américain et le manque de fonds pour l’organisation d’estrême drouate à laquelle il appartenait – ainsi que, je me plais à le croire, la beauté du geste- l’incitèrent à cambrioler via les égouts de la ville de Nice la Société Générale. S’ensuivirent arrestation, évasion en mode « saut de l’ange », cavale à travers le monde en particulier l’Amérique latine, Brésil et Argentine. Il trouva le temps d’écrire ses exploits dans le désormais célèbre « Les égout du Paradis » ainsi que plusieurs autres ouvrages dont « Faut pas rire avec les barbares » ou sa geste en Indo, se fit interviewer par Pivot et rencontra son presque homologue britannique Ronnie Biggs. Le cinéma s’intéressa à lui, entre « Les égouts du Paradis » de José Giovanni avec Francis Huster et la couillonade de Jean Paul Rouve « Sans haine, sans violence sans armes » (Jean Paul « J’ai vu de la lumière et je suis entré » Rouve, encore un génie celui-là!) et l’étrange « Un casse en or », film TV anglais pas vraiment abouti mais intéressant.

La photo qui rendit célèbre Albert, cigare, lunettes noires et pose tourmentée lors de son entrée au palais de justice de Nice, sauf erreur de ma part.

Christopher Malcolm et Ian McShane ( à droite dans le rôle d’Albert) dans le téléfilm britannique « Sewers of gold/Un casse en or » (1979) de Francis Megahy.

Le mariage d’Albert avec Audi, sa première femme.

Le livre qui inspira à Albert son coup fumant.

Audi avec Jacques Peyrat, avocat d’Albert et futur maire de Nice.

Albert en postiches.

Ronnie Biggs, autre fameux casseur, qui participa au casse du train « Glasgow-Londres » avant de se réfugier au Brésil et de faire le kéké avec les Sex Pistols.

Rencontre au sommet Ronnie Biggs, Albert!

Albert divorça, se remaria, continua sa cavale, mourut de maladie en 1989. On est décidément bien peu de chose! Merci en tous cas de nous avoir fait rêvé. Du moins pour ce qui me concerne. On manque de ce genre de personnage en ces temps de politiquement correct!


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