Je vous parle d’un temps que les merdeux de moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Celui des costumes croisés et des chemises chamarrées (J’en portais), des filles à coque et du Parti Socialiste qui ne se remettait pas du congrès de Rennes (Bien fait!) Les français savaient enfin pour le cancer de Mitterrand et un grand turc devenu son premier ministre à la grâce de la cohabitation crut alors pouvoir devenir calife à la place du calife. Il ne le devint pas. Oui, ce début d’années 90 était chargé d’espoir, entre Tapie enfin rattrapé par la justice, The Cure qui daignait enfin se taire, des bandes d’idiots et d’hypocrites vivaient leur crépuscule annonçant des lendemains qui chantent. Mais surtout, ce début des nonantes comme diraient nos amis belges vit une révélation, une providence pour les couples en déshérence et les adolescents en mal de rêve érotique: Laetitia.
Sans rapport avec la chanson de cette larve de Jean Jacques Goldman, Laetitia, de son vrai nom Marie Chantal Delacoudre née en 1964 à Honfleur, donna une nouvelle orientation à la pornographie en s’adressant exclusivement aux amateurs, s’invitant caméra au poing (Hum!) chez des couples – à la demande de ceux-ci, nous sommes entre gens de bonne compagnie- pour les filmer dans leurs ébats, auxquels elle participait souvent!

Ainsi Laetitia avec sa série de cassettes relatant sa geste intitulée « Intimité violée par une femme » fut à la fois le précurseur des aventures d’Antoine de Maximy allant dormir chez les pèlerins des quatre coins du monde et la mère Noel de nombreux adolescents attendant leurs caresse manuelle (Ou buccale, à votre aise!) Ces grands enfants savaient bien au fond d’eux-mêmes qu’elle ne les visiterait jamais (Mais au moins existe-t-elle, oui, Laetitia existe, je l’ai rencontrée!) mais au moins leur permettait-elle de patienter.

Ah Laetitia, c’était toute une époque! Celle de « Hot Vidéo » publication dédiée au cinéma pornographique aussi excitante qu’un film avec Vincent Lindon, celle ou les sex-shops (Par ailleurs en voie d’extinction) étaient de vrais sex-shops, des lieux un peu honteux ou on ne croisait pas que des pervers en imperméable ( Cohn-Bendit, sors de ce corps!) mais des esseulés avec dans le fond cette odeur de produit d’entretien qui cachait mal d’autres effluves. Oui, de vrais endroits, loin des lieux actuels qui semblent conçus par un styliste stagiaire, et des réunions ou les sex-toys ont remplacé les tupperwares.



A bientôt et bravo à Laetitia qui poursuit son oeuvre aujourd’hui, preuve que tout espoir n’est pas perdu!
