Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers

« Les yeux sans visage », source et descendance.

En 1956, le cinéaste italien Riccardo Freda réalisa à Paris « I vampiri/ Les vampires » coproduction franco-italienne qui précéda de quatre ans le chef d’oeuvre de Franju. Le rapport? Si la défiguration n’est pas au centre du film du transalpin, il y a dans les deux cas des femmes enlevées à des fins « scientifiques »( La réparation d’un visage chez Franju, la préservation de la jeunesse chez Freda) et dans les deux cas, un savant d’âge mûr préside aux cérémonies.

S’il est une source aux « Yeux sans visage » c’est bien là qu’il faut la chercher, je tiens à ce propos à remercier Gérard Mangin, cinéphile averti (regardez l’entretien qu’il a donné u sujet du Grand Guignol sur YouTube) de m’avoir mi sur cette piste. Il y eut donc un avant « Yeux sans visage » mais aussi un après. Très vite (Influence ou coincidence? Cela reste à voir.) l’Italie va livrer un opus très proche des malheurs d’Edith Scob et Pierre Brasseur avec « Le monstre au masque/ Seddok l’erede di Satana » de Anton Giulio Majano. Ce dernier part d’une trame similaire mais sans la beauté empreinte de rigueur de son modèle. L’Espagne fera mieux l’année suivante avec »L’horrible docteur Orloff/ Gritos en la noche » de Jesus Franco, qui naissait véritablement en tant qu’artiste avec ce film qui s’inspirait de Franju sans jamais le copier. Ajoutant dans l’histoire un serviteur dévoué « Morpho » et une touche d’érotisme, filon que l’ibérique creusera largement au cours de sa carrière, mais c’est un autre sujet.

Les anglais s’y mettront à leur tour et de manière plus tardive avec « Corruption » (1968) de Robert Hartford Davies. Cette fois le savant brillant et d’âge mûr ne cherche pas à sauver le visage de sa fille mais de sa femme. Les autres différences résident dans la couleur qui remplace le noir et blanc et surtout, la violence qui y est beaucoup plus crue. Par ailleurs, le film de Hartford-Davies subit l’influence de la mode de son époque, portant l’empreinte des Swinging sixties avec ces victimes qui sot toutes des mannequin ou assimilées. Pour l’anecdote, Peter Cushing, l’interprète principal dira avoir honte du film en raison de sa brutalité et de son caractère sordide…

A suivre….


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