« Les yeux sans visage » source et descendance. Suite.
Il serait trop long et fastidieux d’énumérer les imitations et pastiches du film de Franju dans le cadre de ce qui n’est qu’une évocation. Aussi cette troisième partie sera-t-elle la dernière. Assez ironiquement, il est possible de considérer qu’une boucle fut bouclée en 1987 avec la sortie des « Prédateurs de la nuit » de Jess Franco, le même cinéaste qui s’inspira en début de carrière des « Yeux… » pour son horrible « Horrible docteur Orloff » et qui lui rendit par ce film une manière d’hommage. Pourvu d’une distribution internationale et, il faut le dire, hétéroclite (Helmut Berger, Stéphane Audran, Telly Savalas, Brigitte Lahaie et une étoile montante trop vite retirée du jeu Florence Guérin) et mélangeant Gore outrancier et esthétique publicitaire, « Les prédateurs… » reçurent un accueil plus que mitigé à la fois pour de bonnes et de mauvaises raisons.

Certes, le film est de mauvais goût, parfois maladroit et il manque clairement de poésie. Toutefois, il a un certain charme propre au Cinéma Bis alors finissant avec des moyens supérieurs à la moyenne cependant. Que faut-il en conclure? Un match nul, un partout la balle au centre, en somme. Mais ce n’est pas tout. J’ai dit plus haut que « Les prédateurs…. » représente le fin d’une ère. Celle des salles de quartiers, effacées peu à peu par la vidéo et les chaînes à péages, des genres qui disparaissent ou finissent avalés par les grandes firmes qui prennent soin de les passer à l’eau de Javel histoire de les rendre plus acceptables. Aussi, dans ce contexte, avec leurs excès de Série Z et leur budget de luxe, « Les prédateurs de la nuit » sont-ils un baroud d’honneur devant cet affadissement général. Soit, ils ont encore une fois leurs défauts, soit ils représentent également le pire d’une certaine production et par là-même la décadence de celle-ci. Mais…


…tout espoir n’est pas perdu. Au sein même des studios dont je parlais si mal plus haut (Bon, d’accord, vous allez me dire que celui-là il ne sait pas ce qu’il veut!) une pointe de cette inspiration a transparu. A travers la personne de Nicholas Cage. L’acteur en effet semble fasciné par le thème de la défiguration. Incarnant un soldat au visage ravagé par la guerre du Vietnam dans « Birdy » (1985) de Alan Parker ou, beaucoup plus tard, dans « Volte/Face/ Face off » de John Woo (1997) un truand qui échange son identité avec celle de policier qui le traque, ce qui lui vaut d’apparaître la face écorchée, ce qui permet à John Woo (Pourtant peu amateur de fantastique) de faire un clin d’oeil à Franju l’espace d’un plan.


Voilà, c’en est fini de mes divagations sur les femmes défigurées et les scientifiques sculpteurs de chair humaine, en espérant qu’elles vous auront plu. Ah, en guise de pousse-café, cette photo couleur de Edith Scob!

