Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers

Repas, parlote et crise existentielle. Le restaurant ou le refuge de l’anti-cinéma.

En supplément à l’article sur Johnny Legend, voici un tour d’horizon du cinéma ou se confondent bavardages et gastronomie. Le rapport avec Legend? Le barbu produisit et co-réalisa en 1983 avec une certaine Linda Lautrec « My breakfast with Blassie » ou le catcheur (Souvenez vous que Legend géra la carrière de quelques catcheurs) Fred ‘Classy » Balssie et l’humoriste pas drôle Andy Kaufman discutent du sens de la vie dans un restaurant de Los Angeles.

Johnny Legend avec Fred Blassie.

L’intérêt? Aucun! Des discussions qui s’étalent sur un peu moins d’une heure (Le film ne dure heureusement que 57 minutes et des brouettes) et qui donnent à regretter l’absence de Tim Roth et Amanda Plummer montant sur les tables flingues en main histoire de mettre fin à ce dialogue non de sourds mais pour sourds. Pourquoi se référer à « Pulp fiction’? Parce que le décor n’est pas sans évoquer la cafétéria de l’opus de Tarantino. Mais il est vrai que les établissements de ce genre se ressemblent tous aux USA. Toutefois, il y a bien un attrait dans cette chose, lequel ne situe pas dans « l’oeuvre » elle-même mais dans le contexte qui a baigné sa création. A la base, la pochade gastro-discursive de Legend et Lautrec était une parodie de « My dinner with André » réalisé par Louis Malle, cinéaste de grand talent mais qui cumula le meilleur et le pire.

« My dinner with Andre » narre, euh, raconte, dépeint, je ne sais comment le dire, enfin montre deux intellectuels (Le nain chauve Wallace Shawn, apparu également dans « Manhattan » du pénible Woody Allen, et Andre Gregory, illustre iconnu pour votre serviteur) discutant de choses et d’autres. Résultat: sommeil garanti. En fait pas pour tout le monde, puisque les Simpsons en personne s’y référèrent plusieurs années plus tard.

L’autre point intéressant est que ce genre purges faisaient semblait-il florès en ce début d’années 80. Mais à la différence des machins susmentionnés, il s’agissait d’adaptations théâtrales. Le spécialiste en fut Robert Altman, metteur en scène idole snob de la décennie précédente. Or, celui-ci connut une disgrâce lors des années Reagan, ce qui l’obligea à enquiller des films peu coûteux et quoi de moins cher que du théâtre filmé? « Reviens Jimmy Dean, reviens » (1982) ou des femmes formant un fan club de James Dean se réunissent dans une cafétéria pour évoquer leur passion et leurs vies (La chanteuse Cher y joue une transsexuelle, c’st un des permiers films grand public sur ce thème, il faut le reconnaître).  » Secret Honor » (1984) ou Richard Nixon assure sa défense dans son bureau. Ou encore  » Streamers » (1983) ou des troufions d’horizons divers en partance pour le Vietnam discutent…Enfin, vous l’aurez compris, on était là pour causer.

Le Royaume Uni et la France ne furent pas en reste lors de cette période. Les anglais avec « L’habilleur » /The dresser (1983) de Peter Yates qui narre les relations complexes entre un acteur shakespearien sur le déclin et son..habilleur lors du Blitz. Et nous, les français avec « Partenaires » (1984) de Claude D’Anna, ou deux acteurs qui forment un couple à la scène comme à la ville déraillent sérieusement. Il faut le dire, les anglais et nous, nous sortons mieux de l’exercice, vieille culture insulaire et vieille culture latine y étant sans doute pour quelque chose.

Sur ce à bientôt!


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