Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers

Les excentriques du Rock’n’Roll.

Aujourd’hui Johnny Legend. Catch, porno et Rock’n’Roll!

Né en 1948, Martin Margulies plus connu en tant que Johnny Legend, incarne mieux que quiconque le « Deviens ce que tu es » d’un célèbre philosophe. S’il n’était pas une légende à la naissance, l’homme à la barbe fleuve en devint une par ses nombreuses activités. Acteur du renouveau Rockabilly, imprésario de catcheurs, réalisateur d’un unique porno ou encore comédien occasionnel, notre sympathique barbu oeuvra dans des domaines divers et variés, ce qui lui permit d’obtenir un carnet d’adresses pour le moins incongru. Il figure en effet dans ce dernier Ronny Weiser, pape du Rockabilly californien, Fred Blassie, dieu du catch, John Holmes et Serena, étoiles du cinéma X, Andy Kaufman, roi des comiques pas drôles et même la firme Disney. Eh oui, le petit Mickey comme cerise sur le gâteau!

Johnny commença avec le groupe Midnight blue puis trouva rapidement du travail sur le label Rollin’ Rock du susnommé Ronny Weiser, pionnier du Néo-Rockabilly aux USA, permettant de faire redécouvrir aux américains cette musique qu’ils avaient oublié alors qu’ils en étaient les créateurs. Aussi Johnny rejoignit-il cette écurie qui comptait dans ses rangs d’anciens noms plus ou moins obscurs tels Alvis Wayne, les immenses Ray Campi et Mac Curtis. Et des nouveaux venus passionnés de la trempe de Johnny Legend. Assez atypique dans le milieu car ne portant pas la Pompadour (Désolé, je ne dis jamais la « Banane »!) il n’en fut pas moins un vaillant héraut de notre musique préférée. Et après tout, avec sa dégaine, il figure très bien un général sudiste, ainsi que le prouve la photo ci-dessus, il ne déparerait pas auprès de Nathan Forrest ou le grand Robert E. Lee.

Bon, je parle, je parle mais je n’avance pas. Continuons. L’un des gros morceaux de la carrière de notre ami reste le fameux porno Rockabilly « Teenage cruisers » que réalisa Legend en 1977 (Connu également sous le titre de « Young’n’hot’n’ nasty teenage cruisers ») Alors? Pour faire vite, il s’agit d’une sorte de version sexe et fauchée de « American graffiti » ou alternent virées en voitures dans les rues de Los Angeles, scènes comiques ratées jouées par de mauvais acteurs amateurs et bien entendu intermèdes culesques ou John Holmes et Serena donnent de leurs personnes. Autrement dit, ce n’est pas grand chose. Faute d’un vrai talent et d’un budget correct, la chose ne se hisse jamais au niveau des comédies délirantes et plus ou moins sexy qui fleurirent au cours des années 70. Loin, très loin de « Linda Lovelace for president », de » The Kentucky fried movie » ou même du très médiocre « The groove tube »

Mais le Rock’n’Roll dans tout ça? J’y viens. Il sert de bande son à ce machin et si les artistes chargés de ce travail ne déméritent pas, ils ne sauvent évidemment pas l’entreprise. Passons en revue l’essentiel des musiciens présents sur la B.O: le groupe de Néo Rock’n’Roll the Blasters, Billy Zoom, ancien chanteur de la formation punk/new wave « X », et quelques vieux briscards comme Ray Campi ou Jackie Lee Cochran. L’ensemble n’est pas déplaisant mais fort inégal et il en ressort le constat suivant, un peu triste mais évident: c’est dans les vieux pots qu’on fait (Souvent) les meilleures soupes. Campi et Cochran (Les deux « C »!) offrent à la bande la plupart de ses meilleurs moments, en particulier Cochran avec l’excellent « Hungry hill », Rockabilly Blues lent aux excellentes paroles qui justifierait à lui seul l’achant du disque. Pour ce qui est de la jeune garde, une mention tout de même aux Blasters qui fournissent « Marie Marie » qui ferait ensuite l’objet d’une excellente version en France par le regretté Victor Leed.

A suivre!


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