DCCLXXX- Frédéric Fajardie, pseudonyme de Ronald Moreau, appartient au néo-polar, vaste renouvellement du roman policier français, initié à la fin des années 60 par Jean Patrick Manchette et ADG. Fajardie émergea beaucoup plus tard en 1979, précisément avec deux salves qui introduisirent une violence rarement vue dans le genre: « Tueurs de flics » et « La nuit des chats bottés »
Autant être franc, je ne raffole pas des oeuvres du susnommé qui, s’il écrivit quelques bons romans à ses débuts, montra vite ses limites. Il lui manquait en effet la rigueur de Manchette, la fantaisie d’ADG ou même l’application de Daeninckx. Il faut cependant reconnaître ses réussites, notamment la création de quelques personnages attachants -le commissaire Padovani et son équipe de flics excentriques apparus dès « Tueurs de flics ». Ces derniers seront les héros d’une série de six livres « La théorie du 1% » ( Histoire de la vengeance d’un homme fruit des amours d’un soldat allemand et d’une villageoise en France occupée) « Le souffle court » ( La violence d’un groupe mi-criminel mi-terroriste yougoslave annonçant avec dix ans d’avance la guerre des Balkans des années 90, c’était visionnaire, il faut l’admettre!) ou encore « Polichinelle mouillé » ou à quoi mènent les traumatismes de la RATP. Ces livres, presque tous parus au début des années 80, eurent deux suiveurs dans les années 90 « Patte de velours » et « Full speed » mais ne les ayant pas lu, je ne puis en parler. Un mot pour finir de « La nuit des chats bottés », seul de ces ouvrages à ne pas mettre en scène Padovani et ses copains, il est le moins réussi, on ne croit à la vérité guère à cette ballade criminelle de deux anciens militaires entre romance et explosions.
N’importe comment, c’est à vous de juger, et moi je vais me coucher!




