DCXLI- Un jour en août…souvenir Rock’n’Roll pour se réchauffer!

A chacun son Woodstock! Le célèbre festival tenu sur la côte est des USA, sommet de la culture hippie (Qui abrita au sein de son public une bonne partie des futurs sommités de la justice américaine, Cour Suprême comprise!) événement ultime du genre, image d’un paradis terrestre gâchée par le désastre d’Altamont qui eut lieu quelques mois plus tard lors de cette même année 1969.
Moment de grâce pour les uns, souvenir déformé par la nostalgie pour les autres, Woodstock n’en demeura pas moins un modèle d’événement festif et ce au-delà du contexte du Flower Power. Au point qu’il en devint une référence mise à toutes les sauces musicales. Ainsi parla-t-on de Woodsock noir « Wattstax » en 1972 (Concert en hommage aux émeutes du quartier noir de Watts qui réunit le meilleur de l’écurie du label de Soul Stax, dont Isaac Hayes et Rufus Thomas avec les participations du pasteur Jesse Jackson et du comique Richard Pryor) de Woodstock de la Salsa avec le concert du Fania All Star au Yankee Stadium en 1976. Etc.
Le Rock’n’Roll, le seul, le vrai, celui des origines, des Fifties eut lui aussi droit au sien en 1972 à Wembley, au Royaume Uni. Réunissant quelques piliers de notre musique préférée: Jerry Lee Lewis, Chuck Berry, Little Richard, Bill Haley. S’y ajoutaient quelques anglais Screaming Lord Sutch, Billy Fury et Heinz de la même génération, ainsi que quelques noms contemporains tels les revivalistes anglais Houseshakers et….le MC5! Eh oui, le collectif gauchiste de Detroit y était! Mais son goût pour le Rock’n’Roll n’étant point douteux, cela n’est pas si étonnant. Et comme disait notre seigneur: « Il leur sera pardonné car ils auront beaucoup aimé! »
Le concert qui se tint en Août remporta un grand succès, que les organisateurs avaient du pressentir en invitant une équipe filmer l’événement. C’est là que j’en viens à l’essentiel. D’abord à ce qui était une tendance lourde au début des années 70 dans le monde du Rock qui n’en pouvait plus de remâcher les Sixties avec la disparition des Beatles et des gloires de l’Acid Rock. Et qui surtout, souffrait de la complexité stérile qui le gangrenait et ce depuis la fin de la décennie précédente. Un signe à Woodstock même annonçait ce malaise: la présence du groupe de Doo wop/ Rock’n’Roll, Sha na na. Même si le groupe était loin d’être génial, il constituait un oasis de légèreté au milieu des délires acides lourdingues qui constituaient l’essentiel du programme. Et montrait que le besoin pour une telle musique existait chez le public. Y compris hippie, lequel après tout dansait sur ces airs et ces rythmes quelques années plus tôt. Par ailleurs, sur les photo que vous allez voir, le plus important n’est pas tant les artistes que le public. Outre l’important contingent de Teddy boys, Rockers et assimilés, on y trouve aussi des hippies et autres créatures, tout cela dans la plus grande harmonie. Le Rock’n’Roll agent du Peace and love? (Oui mais pas les deux en même temps me souffle quelqu’un!) Et après tout, pourquoi pas? Pas de morts comme à Altamont et surtout une belle leçon de vie. Car ce sont les fans, ceux qui achètent et écoutent les disques, vont aux concerts, expriment leur joie, bref ceux qui vivent la musique et font vivre les musiciens qui comptent. Autant que les artistes.
Régalez vous!

L’équipe de Football de rêve, Screaming Lord Sutch et Little Richard!

« Oz » l’organe de la culture hippie britannique consacra un article à l’événement, preuve de l’importance de ce dernier!





Bill Haley.


Chuck Berry.

Mick Jagger et Jerry Lee en coulisses.



Bo Diddley.

Screaming Lord Sutch.


Malcolm McLaren, futur manager des Sex Pistols, hérauts du Punk. L’homme vendait alors des vêtements pour Teddy boys. Sa présence en ce lieu est intéressante à la lumière des événements ultérieurs- explosion du Punk et retour à une musique plus brute- et montre que le concert de Wembley avait une portée qui dépassait la simple nostalgie.




