DCXXXVI- L’Amérique des marges, première partie.
Poésie, bandes dessinées , muscles et fétichisme, les visages cachés de l’Amérique d’Eisenhower!
Les goules de l’Age atomique: les E.C comics, chaudron de talents et nourriture des dieux!
D’abord spécialisée dans la bande dessinée biblique et expérimentale ( Sur la psychanalyse entre autres), la firme E.C ( Entertaining comics) sous la direction de William C. Gaines et Al Feldstein, lança au début des années 50 une nouvelle ligne axée sur divers genres, guerre, policier, science fiction et horreur. Malgré ou à cause de leurs succès, les illustrés en question attirèrent l’attention d’une des nombreuses campagnes de censure générées par le MacCarthysme. Bon, vous me connaissez, j’ai peu de goût pour le soviétisme mais là trop c’était trop. Dans ces temps de Guerre froide débutante, la suspicion des anticommunistes allait se nicher dans les coins les plus improbables, en particulier le divertissement. Ainsi, les pin ups de Irving Klaw et les bandes dessinées E.C. Certes, ces dernières étaient progressistes ( Au sens raisonnable du terme) en dénonçant le racisme mas ne remettaient nullement en question les fondements de la société américaine. Quoiqu’il en soit, leur héritage survécut à leur disparition provoquée par le psychiatre Fredric Wertham, ( Auteur de « The seduction of the innocents » dénonçant la violence des bandes dessinées comme nocive, car donnant une idée fausse des choses aux enfants.) influençant de nombreux artistes dans des domaines très variés. Stephen King, Frank Zappa ou George Romero (Qui leur rendit hommage dans son film « Creepshow’ sur un scénario de..Stephen King! Comme par hasard.)








Bill Gaines ett Al Feldstein, directeurs de publication de E.C.









L’héritage des EC comics dépassa, ainsi qu’évoqué plus haut, le strict domaine de la bande dessinée. Outre la littérature et le cinéma mais aussi le monde du Rock. La maquette si caractéristique des couvertures inspira – ce qui n’est pas si étonnant- des pochettes qui croisèrent l’univers de Frank Zappa, contemporain de la publication des fameuses B.D, même si en l’espèce il s’agissait d’un disque pirate, tout comme celui des Who. Quoiqu’il en soit, cela prouve le rayonnement par delà le temps de ce qu’il faut bien appeler une oeuvre!


