DCXV- Un air anglais, le retour. Deuxième partie.
Quand les anglais se brident les yeux, ou les acteurs britanniques jouent aux asiates!
Le sujet qui suit va en énerver certains – ou seraient de nature à en énerver- Les acteurs qui se sont livrés à ce vilain péché: l’appropriation culturelle. En effet, quoi de plus laid de se grimer, de se faire passer pour ce qu’on est pas, de dire ce qu’on ne pense pas, de feindre, de mimer, bref de jouer la comédie?Parce que ce n’est rien d’autre que cela que d’aucuns reprocheraient à Christopher Lee, Peter Sellers ou Peter Ustinov. Avoir incarné des personnages qui n’étaient pas de leur « race » est désormais un crime, la caricature, les stéréotypes (Et je ne parle pas des fameux stéréotypes de genre!) sont bannis. Certes, ces derniers ne respirent pas la légèreté, mais n’est-ce pas là le propre de la caricature ou de la parodie? Ou encore du cinéma de genre (!) qui par essence véhicule des clichés. S’agissant du premier film exposé dans le présent article « Dans les griffes du dragon rouge/ Terror of the tongs » (1961) de Anthony Bushell, les rôles d’asiatiques sont tous tenus par des occidentaux, pour autant cela relève-t-il du racisme? Soit, le procédé interroge en regard des critères contemporains mais en l’espèce, il n’est pas insultant. Seulement un brin comique, considérant le maquillage pas toujours convaincant des acteurs. Il n’en n’est rien pour ce qui concerne la vedette du film Christopher Lee, crédible en chef d’un gang bigarré.
C’est justement sous le patronage de celui qui fut une des meilleures incarnations de Dracula que je mènerais cet article, Sir Christopher Lee!


Après le redoutable maître des triades de « Terror of the tongs », Lee incarna un autre chinois patibulaire dans le film allemand « Le narcisse jaune intrigue Scotland Yard/Das geheimnis der gelben narzissen » (1961) de Akos von Râthony, lequel appartient à la série de films « Krimis » inspirée des romans de l’écrivain britannique Edgar Wallace, très populaire dans les années 60.

Christopher Lee interpréta de manière presque logique le célèbre docteur Fu Manchu dans une série de films de 1965 à 1968.

Peter Sellers, roi du déguisement et de la transformation vocale, ajouta à sa collection de défroques un assortiment d’asiatiques parmi lesquels l’officier japonais de « En voiture Simone/ Soft beds and hard battles »(1973) de John Boulting (Voir photo ci-dessous) le faux Charlie Chan de « Un cadavre au dessert/Murder by death » (1976) de Robert Moore, le déguisement de chinois de l’inspecteur Clouseau dans « La malédiction de la panthère rose/ Revenge of the pink panther » (1978) de Blake Edwards, enfin… le docteur Fu Manchu dans « Le complot diabolique du docteur Fu Manchu/ The fiendish plot of doctor Fu Manchu » (1980) de Piers Haggard.




Pour finir, le bon Peter Ustinov reprenant le feutre et le costume blanc du détective Charlie Chan ( Il la jour Hercule Poirot asiatique?) dans le parodique « Charlie Chan and the curse of the dragon queen/ Charlie Chan et la malédiction de la reine dragon » (1980) de Clive Donner. Parait-il très mauvais, il ne resta dans les mémoires qu’en raison de l’ire qu’il suscita chez les chinois d’Amérique qui manifestèrent devant les cinémas qui projetaient le film. Cela en valait-il la peine?

