Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers!

DCXLIII- Les rebelles de la chanson française.

Aujourd’hui: Serge Gainsbourg; album « Confidentiel » (1963)

Serge Gainsbourg, tout a été dit sur son compte. Raconté, analysé, admiré, disséqué, détesté, évalué puis réévalué, à tort ou à raison. Il existe d’ailleurs à ce propos de multiples confusions entre le personnage public, l’homme, sa musique, ses tricheries et son talent réel, tant et si bien qu’il est bien difficile de s’y retrouver et d’émettre un point de vue raisonnable à son sujet. Je ne m’y risquerais pas ici, tant la littérature sur Gainsbourg abonde. Je me contenterais de chroniquer cet unique album paru en 1963: « Confidentiel » Car, rappelons le, Gainsbourg était d’abord et avant tout un musicien, qui ne manquait ni de flair ni de goût, et encore moins de talent! Toutes choses que ne sauraient effacer les manigances auquel le beau Serge se livrait parfois!

Pour certains, l’album le plus dépouillé de l’histoire serait « Plastic Ono Band » de John Lennon sorti en 1970, « John Wesley Harding » de Bob Dylan antérieur à ce dernier de deux ans. Pourtant, s’il est un modèle de dépouillement: une basse, une guitare, une voix. Le climat est donc intimiste, influencé par le Jazz Latin, genre qu’affectionnait Gainsbourg, mais si la part belle est faite aux ballades, il reste de la place pour des titres plus rythmés (« Scenic Railway ») Les textes sont empreints de la mélancolie propre à l’auteur (« La saison des pluies » magnifique chanson sur une rupture amoureuse qui évite tout larmoiements, « No no thanks no », histoire de la fin d’un drogué qui évite le pathos.) ou d’un humour très fin quant aux modes qui passent forcément (« Le temps des Yé-yés »)

Le plus frappant ici est qu’en dépit de cet apparent dénuement, jamais le disque ne donne une impression de vide, les deux instruments qui accompagnent le chanteur remplissent l’espace et ne sont jamais pris en défaut.

« Confidentiel » n’est pas le plus célèbre opus de Gainsbourg, ni le plus célébré, y compris dans cette période 1960/1963 dans laquelle beaucoup préfèrent « Percussions » Néanmoins, « Confidentiel » égale et même surpasse en un sens son prédécesseur. Il est certes moins original, mais il est plus émouvant, teinté d’une poésie élégante dans les mélodies comme dans les textes. Un grand disque, à redécouvrir. Pour la petite histoire, le guitariste présent sur l’album Elek Bacsik co-écrivit l’un des titres et dut le rappeler à Gainsbourg qui avait oublié de le payer. (?????) Sacré Serge!

A bientôt!


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