Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers!

DCXLVIII- Les vies de Bel Ami à l’écran. ( Quelques unes, au moins!)

Georges Duroy, provincial qui a raté le baccalauréat monte ( Ou descend?) à Paris après son service militaire. Il y rencontre un ancien camarade, Forestier, qui va lui permettre de se hisser au sommet. De trahisons en mensonges, l’homme compense son manque de talent par un don pour la rouerie et une habileté exceptionnelle à arriver par les femmes. Car il est bien de sa personne, et il le sait!

Derrière cette histoire, il y a les trait de son époque, le XIXè siècle. Le pouvoir de la presse, les manigances en coulisses, les contradictions d’une société marquée par l’antisémitisme en dépit du rôle des juifs, son républicanisme affiché et sa fascination pour l’aristocratie, comme le prouve l’achat d’une particule par le très roturier héros du livre. Et outre ces caractéristiques temporelles, il y a le thème de l’ambition, de l’absence de scrupules bien utile pour servir ses desseins quant on est un être médiocre, comme Bel Ami.

Voilà donc l’histoire racontée dans ce fabuleux roman de Maupassant, à la fois de son époque et universelle, comme le prouveront les adaptations qu’en fera le grand écran, avec des résultats parfois…surprenants!

« Bel Ami/ The private affairs of Bel Ami » (1947) de Albert Lewin.

Cette adaptation est assez remarquable pour de nombreuses raisons. Pour ses qualités propres (Réalisation, interprétation etc) mais aussi pour le caractère de son acteur principal, George Sanders, coutumier des personnages ambigus qu’il savait rendre fascinants, architecte assassin ou espion homosexuel travEsti dans « La lettre du Kremlin » de John Huston. Avec Georges Duroy, il es t ici servi et donne le meilleur de lui-même en lui apportant un côté dandy roué – ce qu’il était un peu dans la vie! Il y a aussi le caractère du metteur en scène, Albert Lewin, singulier cinéaste de l’ère hollywoodienne qui donna plusieurs chefs d’oeuvres dont l’élégance enveloppait la perversité de ses intrigues, un peu à la manière de Hitchcok mais sur un terrain tout à fait différent, loin du film à suspense. De sa version du « Portrait de Dorian Gray » -La seule à rendre justice à Oscar Wilde- à « Pandora » avec Ava Gardner nageant nue, ce qui était plus qu’osé pour l’époque, Lewin fut un véritable artiste, un esthète plein de talent autant que de courage.

Pour la petite histoire, le film subit les foudres de la censure dans notre pays suite à réplique sur le colonialisme. « Les marocains ne pensent pas » devenant « Les bégonias ne pensent pas. » Comme d’habitude, ceux qui n’ont pas compris expliquent aux autres. ( Cette répartie n’est pas de moi mais de Jean Pierre Putters, je le remercie au passage!)

« Bel Ami/ Beautiful friend » (1976) de Mac Alhberg.

Les films ont parfois en commun avec les seins et les testicules de marcher par deux (Bon, l’image n’est pas très heureuse, vos seins medames ne marchent pas, nos attributs virils non plus, mais bon, il est tard, je suis fatigué, alors pardonnez moi!) Suite à cette gaillarde saillie, les duos acteur/ Metteur en scène sont fréquents au cinéma, parfois pour d’excellents résultats. Sanders/ Lewin pour le film précédent, Harry Reems/ Mac Alhberg pour celui-ci, version porno du rman de Maupassant. Et alors, ça donne quoi? Eh bien, ça donne bien, cette transposition du récit original dan le monde de la presse de charme des années 70, période du pantalon pattes d’éléphant, des shorts ultra-courts, des cheveux longs et des affres du Giscardisme. La ersonnalité des deux susnommés est pour beaucoup dans la réussite de la chose. D’abord Alhberg, ce suédois qui ne manquait pas de flair,connu pour son travail dans son pays ou il dirigea la borgne la plus sexy du cinéma d’exploitation scandinave: Christina Lindhberg ( Tarantino ss souviendra de son cache oeil dans « Kill Bill ») Fort de tout cela, il apporte à ce projet une esthétique européenne très bienvenue. Ensuite, Reems, rendu célèbre pour son rôle dans le premier méga-succès du X: « Gorge profonde ». Il joue de son charme et d’un réel don de comédien, ce qui n’était pas si rare dans le X new yorkais d’alors, ou régnait une certaine exigence.

« Bel Ami » (1983) de Pierre Cardinal.

Une adaptation bien de chez nous pour conclure cet article, ce qui va de soi, un roman français adapté par des français, non? Ici, point d’excentricités. Une version classique, solide, très bien servie par son interprète principal, Jacques Weber qui utilise au mieux sa formidable capacité à évoquer via ses personnages le passé. Sinon, l’adaptation est sans surprises, fidèle, , sans l’énergie de la série « L’ami Maupassant » de Claude Santelli mais donne par son classicisme à regretter une télévision française de qualité qui ne faisait pas propagande nauséabonde et ne prenait pas les spectateurs pour des imbéciles.

A bientôt!


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