DCXXXIX- Les grands excentrique français, IV.
Aujourd’hui Robert « Bob » Denard.
« Corsaire de la République » ainsi était surnommé Bob Denard (1929-2007) mercenaire mythique et, à tout le moins, controversé. Son rôle dans les guerres post-coloniales en Afrique, en particulier au Congo, en fit aux yeux de la gauche et d’une partie des indépendantistes un diable d’Occident au service du grand capital blanc, et pour une autre partie, il n’était qu’un pantin, un homme à la faible intelligence et un chef de guerre désastreux (Voir son expédition au Cabinda en 1976 qui inspira le film « Les oies sauvages » qui va dans le sens de cette assertion) Pour d’autres encore, il fut un des derniers soldats romantiques. Quoiqu’il en soit, monsieur Bob reste une figure marquante d’une ère révolue, celle de la fin du colonialisme et de ses conséquences dont ce chef mercenaire fut un acteur sans doute maladroit mais très actif.
Bob Denard au Congo en octobre 1966.

Ceci posé, je laisse à d’autres plus connaisseurs le soin d’évaluer les compétences militaires de monsieur Bob, encore une fois, son parcours reflète les affres de la géopolitique internationale, en particulier en zone subsaharienne et alentours. D’abord mécanicien dans la Marine nationale puis fusilier marin en Indochine avant de participer à un complot contre Pierre Mendès-France, l’homme évolua ensuite pendant plus de cinquante ans dans les eaux troubles du mercenariat qui charrient espionnage, idéalisme, appât du gain et, parfois, crime.

Dahomey, Libye, Yémen, Angola, Denard traîna ses bottes dans ce qu’on nomma longtemps les « Points chauds » du globe, tentant de s’enrichir, en quête de revanche et de la position que la Marine lui avait refusé. Son dernier coup fumant, il le fit aux Comores dont il tenta de devenir (Par la poudre, bien entendu!) le chef d’état. Et il y parvint presque.
Après de nombreuses embrouilles judiciaires, une autobiographie, des documents sur sa personne, une rencontre avec une certaine Marlène Sadran, artiste peintre au passé douloureux, Bob Denard finit emporté par la maladie dAlzheimer.
RIP.

Ci-dessous, quelques ouvrages consacré au mercenaire. Dont le sien.





« Mister Bob » (2011) de Thomas Vincent, téléfilm avec Clovis Cornillac dans le rôle titre.

Pour ceux que le carnet blanc intéresse, une image de celle qui fut semble-t-il la dernière compagne de Bob Denard, Marlène Sadran.

Pour conclure je citerais le romancier américain James Ellroy: « Portons un toast aux hommes mauvais pour le prix qu’ils ont payé pour définir leur époque en secret. A eux. »

Une réponse à “Tout l’univers!”
Je salue aussi Jean Schramme !
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