DCLVIII- Les films de Noel français.
C’est la saison pour en parler, le film de Noel. Certes, il ne s’agit pas d’un genre – les films en rapport avec ce thème n’ont jamais été regroupés sous cette appellation- mais la fête de la Nativité a souvent servi de toile de fond au cinéma, voire de ressort dramatique. De fables familiales en récits horrifiques, le folklore des fêtes de fin d’année a eu de nombreux rapports avec le grand écran, pas toujours excellents, parfois faciles, en tous cas fréquents. La France n’a pas été en reste, voici quelques oeuvres en rapport avec les boules, la crèche et le sapin!
Florilège!
« L’assassinat du Père Noel » (1941) de Christian Jaque.
Adapté fidèlement du roman de Pierre Véry par Christian Jaque (Lequel avait déjà porté à l’écran « Les disparus de Saint Agil » du même auteur.) « L’assassinat du Père Noel » restitue l’atmosphère à la fois familière et poétique, tendre et inquiétante du romancier à travers cette histoire mêlant enquête policière et histoire d’amour dans le cadre d’un petit village de Savoie. Rempli de personnages attachants (La jeune rêveuse qu’on qualifierait aujourd’hui d’anorexique, son père qui s’habille en Père Noel joué par un Harry Baur, toujours excellent, entre autres) servi par des comédiens excellents, tels, outre Harry Baur, Robert Le Vigan, Fernand Ledoux, Raymond Rouleau, Renée Faure.
Ici, on a affaire à une synthèse des films de Noel en cela qu’l mélange le merveilleux et l’angoisse, rappelant que le mal ne connait pas de trêve. Signalons enfin que le film fut produit par la société Continental films, contrôlée par l’occupant allemand qui tenait fort curieusement que la France continue à produire un cinéma de qualité. Fort curieusement, car dans les autres pays occupés, les nazis avaient à coeur de crétiniser les populations. Allez y comprendre quelque chose…





« L’arbre de Noel » (1969) de Terence Young.
Parce que son fils va mourir d’une leucémie suite à une irradiation, un homme d’affaires franco-américain décide que les derniers mois de son enfant devront être les plus heureux de sa vie. Aussi, il lui passe toutes ses fantaisies, allant d’un tracteur au vol d’un loup, aidé par un vieux copain de ses années dans la résistance.
Ici, on est dans le registre « Mon enfant va mourir », sujet plus souvent traité par les italiens que par nous (« L’incompris » de Comencini, « Mourir à douze ans » de Mario Gariazzo) mais le film étant une coproduction avec l’Italie, ceci explique sans doute cela. Il s’agit évidemment d’un thème rempli d’écueils pour qui ne sait pas l’aborder, heureusement Terence Young- réalisateur décidément éclectique autant qu’international- les évite, optant pour une mise en scène sobre, évitant le pathos, le larmoyant et sachant ménager l’émotion, en particulier lors de la scène finale. Les comédiens servent avec talent l’ensemble, William Holden, Bourvil (Qui, très malade, montra un vrai courage lors du tournage) Virna Lisi et le jeune Brook Fuller dans le rôle du garçon. A noter la très belle idée de se référer à la légende du « Meneur de loups » déjà abordé dans le roman homonyme de Alexandre Dumas.





« 3615 code Père Noel » (1989) de René Manzor.
Un jeune garçon fou de jeux vidéos et de films d’action croit encore au Père Noel, au point de vouloir le rencontrer. Par chance, ou plutôt par malchance, son voeu se réalise via un serveur minitel (Ah, le bon vieux temps!) qui le met en contact avec un inconnu ( En fait un barbu repoussant) qui prétend être Papa Noel en personne. Les choses évidemment n’en restent pas là, le dingo accro à la houppelande en vient à pénétrer dans la maison de campagne des parents du gamin. Ces derniers étant absents, le gosse est seul avec son papi (En fait il est seul, papi étant à moitié aveugle et aux trois quarts gâteux) mai comme le chiard n’a pas les méninges en jachère, il a truffé la baraque de pièges (Dignes des amusettes des vietcongs pendant la guerre du Vietnam, fort, le gosse!) et suite à quelques épreuves, et après s’être déguisé en Rambo, il viendra à bout du Père Noel de mes deux. Bien fait! Bon, je ne veux pas être méchant, le film regorge de bonnes idées ( Il a même inspiré « Mamn j’ai raté l’avion », ce que la société américaine productrice du machin de John Hugues a reconnu. Pas chiens, les Yankees ont donné à Manzor un poste à responsabilités dans leur boite!) et assume sa candeur. Hélas, le mauvais goût qui n’est pas celui de l’époque comme disent les grincheux mais du réalisateur -pourtant pas dénué de talent!- gâche un peu les choses. Dommage. On est pas passé loin d’un « Black Christmas » à la française! La faute à des images trop chargées et à pas assez de noirceur. C’eut été nécessaire pour mettre en scène un Père Noel qui cache un Père fouettard!





