DCL- Williams & Williams, les faux jumeaux du Rock’n’Roll noir.
Comme il y a, c’est bien connu, plus d’un âne à la foire à s’appeler Martin, il y a plus d’un chanteur de Rock’n’Roll à s’appeler Williams. Notre musique préférée en compta au moins deux (A ma connaissance!) Larry Williams et Andre Williams.
Commençons par Larry Williams (1935-1980) est le plus connu de cette paire réunie par votre serviteur. Car plutôt que d’un excentrique, il s’agit ici d’un méconnu. Pourtant Williams gagna une certaine célébrité grâce aux Beatles qui avaient plusieurs de ses titres lors de leurs années à Hambourg et les enregistrèrent même au moment de leur gloire. » Dizzy Miss Lizzie » « Slowdown » (également repris par Johnny Hallyday sous le titre « Dégage! ») ou encore « Bad boy » John Lennon pendant sa carrière solo sur son (médiocre) album de reprises de classiques de notre musique préférée « Rock’n’Roll » repris « Bony Moronie ». Les Who en firent même une version sur scène, et The Jam donna quant à lui sa propre version de « Slowdown » sur son premier effort « This is the modern world » A tout cela s’ajoute le concert que donna Williams à Londres accompagné de Johnny « Guitar » Watson (Tiens, tiens!) avec lequel il forma un duo lors de son virage vers la Soul.
Néanmoins, en dépit de tout cela, de ces chansons qui demeurent des classiques en eux-mêmes, malgré une inspiration réelle (écouter à ce sujet la magnifique ballade RRhythm’n’Blues « Baby’s got soul ») malgré ces héritiers prestigieux, malgré son lien avec le Royaume Uni au moment ou celui-ci donnait le « La » en matière de musique populaire, Williams reste un mal aimé. Sans doute parce qu’il fut éclipsé par Berry et Little Richard, grands devanciers, et aussi en raison d’un certain manque de rigueur. Car Larry Williams ne se contentait pas d’être un musicien, il était aussi un proxénète et à l’occasion un dealer. Il existe à ce propos une anecdote concernant une embrouille entre Williams et Little Richard à propos d’une dose de cocaine impayée. Digne d’un film de Martin Scorsese, tout comme la fin du chanteur qu’on retrouva mort d’une balle dans la tête à son domicile. Suicide pour certains, meurtre pour d’autres, à vous de juger!



Passons maintenant à Andre Williams (1936-2019) fut lui aussi proxo mais aussi clodo, alcoolo et bien d’autres choses encore. Mais il fut d’abord et avant tout un musicien. Héritier es « Blues shouters » des années 40 quant ceux-ci disparaissaient face à la vague Rock’n’Roll qu’ils avaient ironiquement contribué à préparer, Andre Williams racontait sur un mode tantôt égrillard, tantôt sombre des hsitoires venues de la rue. Il parlait de sexe bien souvent dans une langue codée, déclamait plus qu’il ne chantait (« Je ne me suis jamas considéré comme un vocaliste » Disait-il lui-même.) anticipant par là-même ces abrutis de rappers.
Comme beaucoup de ses confrères, il se tourna vers la Soul dans les années 60/70. Il travailla pour plusieurs labels parmi lesquels le célébrissime Motown pour lequel il contribua à l a découverte de Michael Jackson. Il connut une longue descente aux Enfers avant de connaitre un retour en force dans les années 90, accompagné par divers groupes….punks! Ce qui n’est en fait pas si étonnant. Après tout, le grand Andre (Grand homme tout à fait dans les deux mètres, hein!) eut la chance de voir deux de ses premiers titres exhumés par les mythiques Cramps « Jail Bait » et « Bacon fat »que le duo Lux & Ivy ajoutèrent sur un des volumes de la compilation « Born Bad » consacré à leurs racines musicales.
J’ai eu la chance de le voir sur scène à Rennes en 2000, il se montra bon showman, en dépit d’un groupe d’accompagnement moyen et du fait qu’il ne reprit pas ses anciens titres des 50s. Néanmoins, ce fut un très bon moment.



Pour conclure, comme dirait Jean Claude Duce, Andre écrivit un livre inspiré par sa vie tumultueuse édité par Kicks Books, éditeur dépendant du label Norton Records dont il était un pilier et préfacé par le journaliste musical et romancier (Très surfait selon moi mais c’est une autre histoire!) Nick Tosches. L’objet s’intitule « Sweets ». Ne l’ayant pas lu, il est ici pour l’exemple. Sur ce..

…à bientôt!
