Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers!

CXL- Mathilda May, Alice puis vampire de l’espace…

Discrète sur les écrans et se consacrant à d’autres activités, notamment l’écriture, Mathilda May se fit remarquer du public par deux films relevant du fantastique « Nemo » de Arnaud Selignac et « Lifeforce » de Tobe Hooper, genre qu’elle délaissa par la suite pour se consacrer à un cinéma beaucoup plus conventionnel.

Sans plus tarder, un descriptif des deux films précités!

« Nemo » (1983) de Arnaud Selignac.

Produit par John Boorman, réalisé par un jeune cinéaste qui ne parvint pas à sortir de l’ombre, bénéficiant d’une distribution éclatante- Carole Bouquet, Dominique Pinon, Michel Blanc, Harvey Keitel (Qui tournait beaucoup en France au début des années 80) Le film fut un échec commercial et artistique complet. D’accord, d’accord, me direz vous mais de quoi ça parle?

Bon, autant y aller, et dites vous bien que c’est pas intéressant. Un gamin laissé seul dans un magnifique appartement par ses rupins de parents (C’est Michel Blanc qui joue le père) découvre un passage vers un monde fantastique qui en fait un adolescent (Jason Connery, fils de son père) lui fait rencontrer un homme singe, Zorro, Carole Bouquet en armure de plastique et quelques autres gaziers improbables. Dans le même genre, je préféras « The dragon lives » avec son faux Bruce Lee qui rencontrait Popeye, James Bond et Emmanuelle -entre autres- au moins ça bougeait. Là, et pardonnez moi d’être aussi grossier, MAIS QU’EST-CE QU’ON SE FAIT CHIER! Il ne se passe rien, les acteurs s’emmerdent autant que les spectateurs (Enfin, eux étaient payés) Il paraît que ça s’inspire de la bande dessinée « Little Nemo in Slumberland » (Littéralement « Petit Nemo au pays du sommeil », c’est de circonstance, on s’endormirait devant ce truc) en tous cas, ça ne ressemble à rien. Heureusement, il y a Mathilda may. Surprenante Alice, toute en fraîcheur et en innocence. C’est bien la preuve qu’il faut bien commencer quelque part!

Au suivant!

« Lifeforce » (1985) de Tobe Hooper.

Beaucoup plus intéressant par contre est « Lifeforce », adaptation d’un roman de l’auteur britannique Colin Wilson. Vous me pardonnerez une digression (Encore une, eh oui!) mais le cas de Colin Wilson mérite un coup d’oeil. Cet écrivain fut révélé dans les années 50 grâce à un roman existentialiste assez prétentieux: « L’homme en dehors/ The outsider » qui persuada la critique d’alors que le Royaume uni tenait sa revanche sur nous, les français dont la littérature brillait sur l’ensemble du monde. Hélas, Wilson déclina bien vite suite à sa fatuité et à un scandale dont les causes restent à ce jour obscures. Suite à ce revers de fortune, Wilson se reconvertit dans l’écriture de romans de science fiction peuplés d’extra-terrestres et autres créatures étranges (Non, Sandrine Rousseau n’y est pas, mais elle y aurait eu sa place!) Parmi ses livres pondus à la chaîne, il y en eut un qui retint l’attention des producteurs de cinéma « Space vampires/ Les vampires de l’espace »

Ce fut la compagnie israelo-américaine Cannon qui en acquit les droits, cette dernière dirigée par le duo d’escrocs magnifiques Menahem Golan et Yoram Globus était surtout connue pour des nanars atomiques, notamment pour ses films de ninjas. Activant sa branche anglaise, la Cannon embarqua à la réalisation Tobe Hooper, célèbre auteur de « Massacre à la tronçonneuse » qui vivait sur la gloire de son premier film.

Comme l’indique le titre il y a des vampires dans l’espace et des astronautes aussi peu inspirés que ceux d’ »Alien » ont la mauvaise idée de les découvrir et de les ramener sur Terre ou, bien entendu, ils se feront un plaisir de martyriser les malheureux terrien (Enfin ici des londoniens, ils s’entraînaient sans doute pour le jour ou ils auraient à supporter les islamistes). Des vampires? En fait un seul, ou plutôt une seule, Mathilda May, qui use de son physique candide comme d’un contraste saisissant et terrifiant avec l’extrême et froide cruauté de son personnage. La belle vampiresse spatiale est d’autant plus dangereuse qu’elle est contagieuse, et provoque des orages à répétitions.

Erotique, agressif, plastiquement très réussi et très bien rythmé, « Lifeforce »est sans doute un des films de science fiction les plus réussis et les plus sous-estimé des années 80. A redécouvrir!

A noter la présence dans un rôle de victime de Patrick Stewart, futur commandant Picard de « Star trek, la nouvelle génération. »


Laisser un commentaire