CXXXIX- Les marginaux de la chanson française, I.
Aujourd’hui Dashiell Hedayat.
D’abord, ne me confondez pas avec le monsieur sur la photo, il est certes boursouflé et moustachu comme votre serviteur (Et par ailleurs adepte du Perfecto) en plus d’être écrivain (Il vendait plus que moi, mais cela fera prochainement l’objet d’un article, à ce propos, achetez mes bouquins, ça ne coûte pas cher!) mais la ressemblance s’arrête là. Dashiell Hedayat eut des identités multiples. L’identité, notion à laquelle il ne croyait pas, comme il le confia à Denise Glaser dans son émission Discorama, ce qui explique pourquoi il en changea si souvent. Né Daniel Théron, il se fit appeler Melmoth le temps d’un 33 tours « La devanture des ivresses » lauréat du prix Charles Cros et devenu semble-t-il rigoureusement introuvable. Puis il enchaîna sur « Obsolète »en 1971, sous le nom de Dashiell Hedayat, aidé par le gang de chieurs Jazz Rock/ Progressif « Gong » mené par l’australien David Allen et l’écrivain, figure de la Beat Generation, William Burroughs.

Les présentations faites, qu’en est-il du disque? Composé seulement de quatre chansons, pour la plupart évidemment très longues, aux structures complexes, empruntant au Free Jazz et au Blues, influencé par l’ambiance de l’époque avec ses références à la drogue et aux sexualités alternatives ( Sadomasochisme, homosexualité, etc) et les expériences musicales improbables, il est d’une écoute parfois difficile mais a mieux résisté au temps que certains de ses pareils.

S’il peut plaire aux amateurs de psychédélisme, il risque en revanche de rebuter un public attiré par des formes plus conventionnelles. Ceci posé, son écoute en vaut la peine, tant « Obsolète » constitue une des expériences les plus singulières des années 70.
Un dernier mot de Dashiell Hedayat. Toujours en quête d’identité, il s’éloigna du monde de la musique après « Obsolète » pour se tourner définitivement vers la littérature, devenant sous le nom de Jack Alain Léger un auteur à succès avec son gros roman « Monsignore » en 1976. Mais ça, c’est une autre histoire. Que je vous raconterais un jour!

Une réponse à “Tout l’univers!”
Un des plus grands albums de « rock » de tous les temps.
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