Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers!

CXXII- Ode à Cynthia Payne, British Madam et inspiratrice du cinéma!

Le nom de Cynthia Payne n’évoque sans doute rien à une grande part d’entre vous. Au Royaume uni par contre, elle fut une célébrité sulfureuse et pourtant adorée. Issue d’un milieu modeste, elle découvrit très tôt le parti qu’elle pouvait tirer de ses charmes et embrassa en conséquence la plus vieille profession du monde. Prostituée, autrement dit.

Elle serait probablement restée une parfaite inconnue si un beau jour de 1978, la Police britonne n’était venue faire une descente dans la maison qui lui servait de lieu de rendez-vous.

S’ensuivit procès, relaxe et surtout une célébrité qui lui permit de faire son beurre avec des livres de conseils olé olé et devint même le sujet de deux films, « Wish you were here » (1986) de David Leland et « Personal services » (1987) de Terry Jones (Ancien Monty Python, soit dit au passage) N’ayant pas vu le second, je me contenterais de parler du premier qui retint une certaine attention au festival de Cannes en 1987.

Ci-dessous, images des funérailles de Cynthia Payne, lesquelles se déroulèrent selon les dernières volontés de la défunte. Notez la couronne de fleur sur le corbillard!

« Too much/ Wish you were here » (1986) suit le parcours de Linda, une adolescente orpheline de mère qui vit tant bien que mal dans une petite ville côtière anglaise durant l’Après-guerre. Entre petits boulots et découverte de la sexualité, la jeune fille cherche son chemin, elle masque ses fêlures par une attitude provocante.

Le film ne manque pas de qualités, plastiquement magnifique, et surtout servi par d’excellents interprètes, Emily Lloyd en tête dans le rôle titre. Elle fut la révélation du festival de Cannes de 1987. Elle ne tint malheureusement pas ses promesses, confirmant l’impression de malédiction qui planait sur les jeunes espoirs du cinéma dans les années 80.

« Wish you were here » est aussi une évocation de l’Angleterre provinciale du début des années 50, marquée par un retour à l’ordre moral après la relative liberté des années de guerre et la révolte que cet état de choses a suscité chez certains, en particulier les jeunes, comme l’héroine du film. A ce propos, la perte de la mère de cette dernière est l’une des causes de son malaise ( Et marque un paradoxe des conflits armés qui sont la pire des choses et libèrent parfois les individus, aussi horrible que cela paraisse) ainsi que le suggère la première image du film qui montre Linda le visage recouvert d’un masque à gaz. Un souvenir de guerre. Du temps ou sa mère était toujours du monde des vivants.

Une telle finesse est rare au cinéma.


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