Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers!

CX- Christine Renard, la discrète et fragile poétesse du fantastique français.

Christine Renard (1929-1979) commença sa carrière littéraire au début des années 60 dans la revue « Fiction » dont le titre parle de lui-même puisqu’il était consacré à un certain genre. Mais les choses sérieuses démarrent vraiment pour elle en 1967 suite à sa rencontre amoureuse autant qu’artistique avec l’écrivain Claude François Cheinisse. C’est en effet cette année là que paraît « Delta », roman écrit par la couple.

Elle poursuivra tout au long des années 70 une carrière en pointillés en raison de son activité enseignante et du succès confidentiel de ses écrits. L’adaptation en pièces radiophoniques de ses nouvelles lui permet de se relancer et de publier de manière plus conséquente. Hélas, un cancer l’emporte en 1979. Ses deux derniers livres sortiront à titre posthume: » « La nuit des lumineux » et « Le temps des cerises » tous deux édités en 1980.

Son décès prématuré rendit fou de désespoir son mari qui tua leurs deux filles avant de se suicider en 1982.

Mais au-delà de cette vie mutilée, qu’en est-il de l’oeuvre proprement dite? Christine Renard fut d’abord ne nouvelliste prolifique extrêmement douée, tant par son style que par l’originalité et la pertinence de ses thèmes. Voir à ce propos « Entre parenthèses » parue dans l’anthologie « Retour à la Terre 3 » dirigée par Jean Pierre Andrevon, réflexion à la fois ludique et inquiétante sur la question du choix de vie et le regard que chacun peut porter sur ses idéaux d’adolescence.

Son ouvrage le plus connu, est le roman fantastique « La mante au fil des jours » . Ce dernier commence sur l’air de « Ils sont beaux, il sont jeunes, ils s’aiment  » (Love story, quoi!) avec cette idylle entre un étudiant et une belle et mystérieuse jeune femme. Mais il continue ur l’air de « Dracula » puisque la belle s’avère être une vampiresse. Je n’en dis pas plus afin de ne pas gâcher votre plaisir, toutefois, le livre ou l’auteur use d’une trame plus simple que dans ses textes plus courts, est une métaphore du mal que l’on fait à l’être aimé. Comme l’écrivait mieux que moi Oscar Wilde: » Tout homme tue ce qu’il aime, le brave par une épée, le lâche par un baiser. »

Ci-dessous, deux éditions, l’originale de 1977 et la réimpression chez Fleuve Noir de 1997 dans la collection « Bibliothèque du fantastique » augmentée de plusieurs nouvelles. A titre personnel, je conseillerais la réimpression qui donne un aperçu plus exact de l’oeuvre de Christine Renard largement composée de textes brefs, dont certains n’ont pas été publiés en volume.

A bientôt!


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