Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers!

CVII- Lectures d’automne, suite (Et fin?)

André Ruellan, alias Kurt Steiner, le professeur du savoir mourir.

André Ruellan (1922-2016) connu également sous le nom de plume de Kurt Steiner fut l’auteur de très nombreux romans relevant de la science-fiction ou du fantastique, ainsi que de l’humour noir dans un de ses ouvrages les plus connus « Le manuel du savoir mourir » (1963)

Il participa au scénario de plusieurs films, dont certains très célèbres comme « Le distrait » (1970) de Pierre Richard, ou encore « Les malheurs d’Alfred » (1972) de Pierre Richard (Euh, oui!)? « Paradis pour tous  » (1982) de Alain Jessua, ou encore  » Divine enfant » (1989) de Jean Pierre Mocky. Il contribua à l’adaptation de ses propres romans « Le seuil du vide » (1971) de Jean François Davy et surtout « Les chiens » (1978) de Alain Jessua.

Après un passage dan l’enseignement primaire et des études de médecine, il commence une carrière d’écrivain dans les années 1950 dans la mythique collection « Angoisse » de chez Fleuve Noir spécialisée dans le fantastique.

Ce sont des ouvrages écrits par Ruellan dans cette collection que je présente dans cet article.

Comment définir l’univers de Ruellan?

Ses romans fantastiques s’inscrivent dans ligne du Fleuve Noir en cela qu’ils se déroulent dans le quotidien ou survient d’une manière d’autant plus frappante le surnaturel ou l’étrange.

Si certains collègues de Ruellan se cantonnaient à la France, souvent provinciale, comme Marc Agapit, il en allait autrement de Ruellan dont les livres sont caractérisés par une grande variété de lieux. L’Italie (« Le village de la foudre ») New York (« La chaîne de feu ») et bien sûr la France (« Le seuil du vide »)

Autre caractéristique,: la jeunesse de ses personnages. Adolescents (« Les pourvoyeurs », « La chaîne de feu ») ou gens dans la force de l’âge (« Les rivages de la nuit », « Le seuil du vide ») En cela, Ruellan se distingue d’autres auteurs de la collection, qui s’attachent tel Marc Agapit (Eh oui encore lui!) à décrire des personnages plus mûrs. Les héros de Ruellan ont pour particularité de n’être ni des aventuriers rompus à divers risques, comme chez Dominique Arly, ni des victimes écrasées comme dans nombreux romans « Angoisse » (J’allais citer Marc Agapit, mais je me retiens!) Il s’agit la plupart du temps de gens ordinaires en butte à des agressions surnaturelles auxquels ils tentent de résister. C’est le cas du couple d’anglais de « Les rivages de la nuit » ou du garçon transformé en singe de « La chaîne de feu » Par contre l’héroine de « Le seuil du vide » n’a pas cette chance.

Quant aux agressions dont ces personnages sont les proies, elles se présentent derrière d’alléchants ou d’intrigants prétextes propres à attirer les personnages souvent curieux de Ruellan. Les anglais de « Les rivages de la nuit » tombent dans le piège d’un inconnu en raison de leur goût naturel pour le merveilleux. Il en va de même pour la malheureuse jeune femme de « L seuil du vide » qui se retrouve sous la coupe de vieillards malveillants suite à l’apparition d’un homme vêtu à la mode du XVIIème siècle.

Parfois, ils n’y sont pour rien, simplement victime d’un mauvais hasard comme dans « La chaîne de feu »ou l’adolescent est aux prises avec un truand en fuite qui utilise contre lui l’invention révolutionnaire (Forcément!) d’un scientifique. Ou encore, ils sont poussés par la nécessité du travail, tel le journaliste dans « Le village de la foudre »

L’origine du mal peut être une science détournée de son usage positif (« La chaîne de feu »), une forme de vampirisme (« le seuil du vide ») Ou des univers parallèles ou l’on se retrouve bien malgré soi (« Les pourvoyeurs »). Quant il ne s’agit pas de fantômes ou assimilés (« Le village de la foudre ») Il est d’ailleurs intéressant de noter que si l’auteur utilise des thèmes classiques du fantastique, il le fait sans trop de recours aux clichés et avec finesse.

Cela devait le conduire à quitter la collection pour s’épanouir vraiment, hors des contraintes de « Angoisse » qui imposait un cahier des charges très précis à ses auteurs – notamment de laisser un doute quant au caractère surnaturel des aventures narrées dans ces volumes.

André Ruellan eut une vie après Fleuve Noir, mais j’y reviendrais plus tard!

Ci-dessous, couvertures d’adaptations dessinées de livres d’André Ruellan.


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