Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers!

CIII- La Préhistoire, telle qu’on la voyait au début des années 80.

« Le chaînon manquant » De Picha (1980)

Le cinéma se laisse parfois aller à des amours coupables avec la Préhistoire. Oui coupables, car lorsque monsieur Lumière cherche chez nos lointains ancêtres, c’est bien souvent pour taper au-dessous de la ceinture ou plutôt du slip en peaux de bêtes. Du bikini en fourrure de Raquel Welch dans « Un million d’années avant Jésus Christ » ou les polissonneries italiennes de « Quand les femmes avaient une queue » ou encore « Quand les femmes font ding dong », l’ère préglaciaire ressemble diablement à l’écran à un lupanar à ciel ouvert.

Et ce ne sont pas les quelques films évoqués dans cette colonne qui démentiront ce fait!

« Le chaînon manquant » De Picha (1980)

Picha avait connu un beau succès en 1975 avec « Tarzoon, la honte de la jungle » parodie salace de Tarzan. Cinq ans plus tard, il récidive avec ce « Chaînon manquant », dans une veine similaire, égrillarde et absurde. Jugez ur pièce: Des humains primitifs et pas très malins peinent à se reproduire mais parviennent finalement à donner naissance à deux garçons respectivement nommés Oh et Ah. Oh est beau, imberbe et ne sent pas sous les aisselles. Ah est laid, velu et puant. La tribu de dégénérés rejette Oh, lequel une fois adulte se met à la recherche des siens, ce qui l’amène à de nombreuses rencontres avec des êtres idiots, belliqueux ou étranges. Tout en cheminant, il fait également des découvertes qui changeront la face du Monde – comme le feu. Hélas, une fois revenu dans sa tribu, ses découvertes se retourneront contre lui et provoqueront la première guerre de l’histoire de l’Humanité.

Mais le plus important, c’est le passage ou le héros perd sa virginité avec le membre d’une tribu de créatures mi-femmes mi-chats (Je ne vais pas écrire chattes!) ce qui techniquement, équivaut à une découverte de l’amour à des fins autres que reproductrices. Bref, il prend son pied.

Ce n’est pas bien fin, mais on rigole et comme dirait Jacques Villeret: » On ne regrette pas sa soirée! »

Au suivant!

« La guerre su feu » De Jean Jacques Annaud (1981)

Grande attraction de l’automne 1981, « La guerre du feu » avait tout pour allécher. Adaptation d’un classique de la littérature française de l’imaginaire (« La guerre du feu » de J.H Rosny Aîné, en l’occurrence), réalisée par un français qui gardait toute sa liberté artistique malgré un financement américain. Le film bénéficiait d’un budget conséquent et d’une facture soigné et il devait s’avérer une réussite dont il est permis de regretter qu’elle n’ait pas susciter de vocations.

Bon, ça suffit la pommade, venons en à l’essentiel. L’histoire est celle d’une tribu qui, privée de feu, envoie quatre de ses braves en chercher le secret (Parmi eux, on trouve Ron Perlman, pas encore Biker en chef dans « Sons of Anarchy) Chemin faisant ils rencontrent toutes sortes de peuples et d’animaux bizarres.. Enfin, vous le savez déjà, alors j’abrège. Car le vrai, le seul, le grand moment est celui ou la petite troupe rencontre une tribu lacustre. Une vilaine blessure et une jolie membre de ladite tribu vaudront au chef de la troupe de velus une fellation pratiquée par ladite indigène (Rae Dawn Chong, fille du comique Tommy Chong, membre duo lamentable « Cheech & Chong », vous savez « Faut trouver le joint »)

Bien que très éloigné du « Chaînon manquant », l’oeuvre d’Annaud s’en rapproche par cette révélation du sexe pour le plaisir. Merci monsieur Annaud pour ce moment de grande lubricité!

« Pourquoi pas nous? » De Michel Barny (1981)

Alors là, bien sûr, cette histoire d’amour entre une libraire atteinte de strabisme et un catcheur trop velu n’a à priori rien à voir avec la Préhistoire. Pourtant, il y a un rapport via le personnage de Aldo Maccione, qui tient son nom de scène « Cro-magnon » de son envahissante pilosité. C’est d’ailleurs pour lui une promotion sociale, après avoir été surnommé par ses élèves « King Kong »Il le dit d’ailleurs lui-même: « King Kong c’est un singe, Cro-magnon, c’est un homme! »

Inspiré par un roman de Claude Klotz (Alias Patrick Cauvin) romancier médiocre mais fort prisé par le cinéma ( » Dracula père et fils », « Monsieur Papa » « E=MC2 mon amour » ont tous eu droit aux honneurs du grand écran) le film appartient à ces comédies typiques de l’époque flirtant avec le nanar sans vraiment y tomber, mi-chair, mi-poisson, ridicules, rarement drôle et surtout très mornes.

Une dernière chose avant de finir, un des seuls moments franchement amusant de cette chose, la séquence ou Dominique Lavanant accompagne son neveu au cinéma (Normal, les vieilles filles comme son personnage, étaient commises à ce genre de tâches.Ah l’utilité de ces dames au chapeau vert, on la sous-estime bien trop de nos jours!) et la salle projetant le dessin animé destiné au bambin étant complète, Tatie se demande quoi faire. Alors le gamin regarde l’entrée d’une autre salle, laquelle projette « Queue de béton ». Euréka! Le gamin propose alors d’aller voir ce divertissement tout à fait de son âge!

D’aucun diront qu’alors, on faisait n’importe quoi avec les enfants. Certes, les multiplexes mélangeaient tétines et sucettes, et les gamins pouvaient regarder en secret « Adorable Lola » en cachette de leurs parents sur le magnétoscope familial. Quitte à être surpris les bijoux de famille à l’air pr les copains s’ils avaient eu l’imprudence de ne pas fermer à clé.

Certes, certes…Mais, au moins était-il impossible de voir des scènes de viol (Ou quasiment!) sur un téléphone portable.

A méditer.


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