Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers!

LXXXVII- Un pas plus! Les écrivains dans les tourments de l’histoire.

Guerres de religion, intrigues pontificales et Front de l’Est, l’horreur humaine transcendée par l’écrit.

« C’est ainsi que les hommes vivent » (2003) de Pierre Pelot

Pierre Pelot (1945-) de son vrai nom Pierre Grosdemange est un auteur fort prolifique (Plus de 200 titres) qui oeuvré dans tous les genres allant du policier au westenr an passant par la littérature générale et la science fiction. Il est surtout connu du grand public pour « L’été en pente douce » qui fut adapté à l’écran par Gérard Krawcyck en 1987 avec les regrettés Jean Pierre Bacri, Jacques Villeret, Pauline Laffont.

« C’est ainsi que les hommes vivent » présente deux récits en un, lesquels se déroulent parallèlement. Le premier se déroule de nos jours et suit un homme à la recherche d’un trésor qu’aurait laissé un ancêtre vivant au temps des Guerres de Religions. Le second est l’histoire de l’ancêtre en question qui de simple coureur des bois est devenu un redoutable chef de bande surnommé Galafe-Dieu.

Pierre Pelot a situé l’action de son roman dans les Vosges, sa région d’origine dont il connait forcément très bien la géographie et l’histoire et met à profit cette connaissance pour donner à ce récit une chaleur et une authenticité qui touchent droit au but.

Récit épique, sauvage parfois, foisonnant sans jamais négliger la précision, « C’est ainsi que les hommes vivent » illustre ce qu’un écrivain peut réussir dès lors qu’il se mêle de faire des histoires avec l’Histoire.

« Borgia » (1906) de Michel Zevaco.

Michel Zevaco (1860- 1918) fut un journaliste très engagé à gauche avant de s’orienter vers le roman-feuilleton. Son oeuvre la plus célèbre reste « Les Pardaillan », qui, bien que conséquente, ne constitue qu’une partie de son imposante production ou l’Histoire est toujours présente. Dans le cas qui nous intéresse, « Borgia » s’attaque à la célèbre famille vénitienne de papes et d’empoisonneurs qui fascina totu le monde depuis Victor Hugo jusqu’à la télévision américaine.

Disons le tout net, Zevaco applique ici une recette éprouvée sans apporter grand chose de neuf. Zevaco n’avait ni la puissance de Dumas ni sa capacité à refaire la même chose sans avoir l’air de se répéter. Toutefois, il se rattrapait par un sens du rythme infaillible qui a d’ailleurs inspiré votre serviteur.

Au final, une lecture agréable mais pas indispensable. Allez, on passe à autre chose.

« Kaputt » (1943) de Curzio Malaparte.

Curzio Malaparte (1898-1957), de son vrai nom Curt Erich Sukhert (Il était pour partie italien, pour partie allemand) fut une grande plume de la littérature italienne, un des écrivains majeurs de ce pays, un ancien combattant de la Première Guerre Mondiale, un bretteur, un correspondant de guerre et un diplomate. Un des derniers condottiere en somme qui aurait eu sa place dans mon dossier sur le duel.

Son style était poétique sans jamais être chargé, lyrique et parfois teinté de cruelle ironie. Il en fallait pour décrire l’horreur à laquelle il avait assisté car à la différence des auteurs précités dans cet article, Malaparte avait vécu deux guerres, l’une en tant que combattant l’autre en tant que témoin.

« Kaputt » appartient à diptyque consacré au Second Conflit Mondial complété en 1949 par « La peau ». IL relate de façon non chronologique les choses vues par l’auteur sur le Front de l’Est, combat, déportations, vices en tous genres, la Guerre dans son centre et dans ses marges terribles et pourtant magnifiquement décrites par Malaparte.

Un chef d’oeuvre. Tout simplement.


Laisser un commentaire