Alexandre Léger auteur rétro

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LXXXVI- Un enragé de la Belle-époque: Hugues Rebell.

Hugues Rebell, (1867-1905) fut un enragé de la Belle-époque en cela qu’il laissa des oeuvres à la fois très riche dans leur thématique et très libertines dans leurs propos. L’histoire retint surtout l’aspect érotiques de ses livres au point que certains critiques le considérèrent comme un auteur licencieux, ce qui n’est pas tout à fait faux, mais pas complètement vrai non plus.

Rebell fut d’abord un écrivain très ancré dans son temps, aussi surprenant qu’il paraisse tant nombre de ses ouvrages se situent dans le passé. La Renaissance ( La Nichina) l’Antiquité ( La saison à Baia) ou le XVIIIème siècle ( Les nuits chaudes du Cap Français) En réalité, il ne s’agit que d’une apparence, ces thèmes étant fort prisés d’auteurs contemporains de Rebell, tel Michel Zécaco qui aborda le genre historique avec « Borgia » ou encore son interminable saga « Les Pardaillan »

Hugues Rebell, en grande tenue.

L’autre thème majeur chez Rebell, c’est la relation entre l’homme et la femme, souvent torturée, souvent vénale, toujours tragique. Le meilleur exemple de ce cas de figure est « La câlineuse », récit des amours tourmentées d’un homme pour une cocotte de luxe dont il veut croire qu’elle l’aime.

Les amours vénales ou se mêlent argent et politique sont fréquentes, telle la courtisane vénitienne autour de laquelle s’agite un monde aristocratique, religieux et brutal dans ce qui est (Du moins à mon avis) le chef d’oeuvre de Rebell « La nichina », ou si Alexandre Dumas s’était mêlé d’érotisme.

L’exotisme est également très présent chez Rebell, un exotisme propre à son temps pour qui l’Afrique (Ou l’Orient) commençait au sud de l’Europe. Ce maniérisme issu du romantisme et de Mérimée (Qui avait largement abordé le sujet avec les célèbres « Carmen » et « Colomba ») Rebell l’adopta plus d’une fois. Entre la Venise violente et licencieuse de « La Nichina », les Pouilles gangrenées par le crime de « La Camorra » ou la Rome antique de « La saison à Baia » Sans oublier l’Afrique des flagellations et des adultères de « Les nuits chaudes du Cap Français »

Flagellations? On touche là à l’aspect le plus contesté de Rebell, les perversions généreusement distribuées dans ses pages, jusqu’à l’excès , en particulier dans ses derniers travaux, rédigés il est vrai sous le coup de la misère qui frappait l’auteur à la fin de sa vie, et hâta sa fin prématurée.

Ces deux derniers livres furent « Journal d’une enfant vicieuse » qui mélange flagellations et coprophagie, et « Le fouet à Londres » dont le titre vaut tous les résumés.

Typiques de leur époque, ou la littérature érotique comptait une frange orientée vers les amours SM (Les romans de flagellation, genre pratiqué parfois par de grands auteurs, tel Pierre Mac Orlan- sous pseudonyme), bine tournés, mais sans le souffle des livres précédents de Rebell.

Ils eurent toutefois le désavantage de faire passer Rebell pour l’auteur érotique voire pornographique, qu’il n’était pas, preuve en est la richesse de ses thèmes.


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