Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers!

LXXXIV- Bokassa, l’ami qui nous voulait du bien.

Que la France était belle sous le soleil de 1977! Les français goguenards assistaient aux insolences des Sex Pistols bavant sur leur Monarque, tandis que les américains enterraient le leur, Elvis Ier. Plastic Bertrand poussait des « Ouh ouh ouh! » qui n’étaient pas les siens mais quand même repris dans les cours de récré, au même titre que les imitations de Marchais par Thierry Le Luron. On inaugurait le centre Beaubourg, les français le trouvaient horrible et le comparaient à une usine à gaz. Ils avaient raison.

Mais en cette année lumineuse et marquée par les aléas de diverses monarchies, une nouvelle fit l’effet d’un coup de tonnerre, ramenant toutes celles précitées à la dimension d’entrefilets pour bulletin paroissial: le couronnement de Bokassa Ier!

Cet ancien sous-off de la Coloniale, eut une vie bien remplie. Vétéran de l’Indo ou il fit des enfants ( Au moins une fille officielle) devenu chef de l’état de Centrafrique, il donna du « Papa » au Général et du « Mon cousin » à Giscard auquel il offrit en sus des terrains de chasses et d’accortes hôtesses, auquel cas on peut dire que le désormais défunt ex président caressa les plus noirs desseins.

Une rencontre avec son homologue ougandais Idi Amin Dada lui donna des complexes, le colosse d’Ouganda arborant un uniforme à faire pâlir d’envie Freddy Mercury et Liberace eux-mêmes, et rendant bien terne le déjà peu reluisant costume qu’il portait ce jour là. Aussi décida-t-il de se parer un peu mieux, se déguisant en sapin de Noel militaire avant de se prendre pour Napoléon et de se faire couronner empereur.

Il connut ensuite une chute brutale précipitée par ceux-là même qui l’avaient soutenu, Giscard en tête puis se retrouva accusé de tout les maux, allant du cannibalisme jusqu’à l’écoute des disques de André Claveau.

Il fut dans la foulée arnaqué par Bernard Tapie,qu’il traita de « Camelot et de marchand de vent » (Il avait raison!) et insulté par Serge July qu’il jugea pas apte à être fantassin de seconde classe » (Il avait raison aussi!) Il tenta de se venger par un livre « Ma vérité » qui finit bien vite au pilon pour cause de diffamation, puis finit solitaire dans son pays en 1996.

La fille asiatique de Bokassa. Mais est-ce la bonne?

Afin de ne pas terminer ce billet sur une note trop triste, voici une anecdote peu connue mais croustillante qui concernait un étudiant en droit français du nom de Didier Piganeau qui fut invité au couronnement de l’empereur en tant que « Didier Ier, roi de la Basoche » (Association d’étudiants en droit, sauf erreur de ma part) coiffé de la Faluche, béret des étudiants en droit, et vêtu d’une cape d’hermine.

Cette plaisanterie innocente énerva beaucoup les autorités de l’époque, notamment des Renseignements Généraux. Si on peut plus rigoler…


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