LXXXII- La Russie vue de France….
La Russie, un pays qui suscite depuis longtemps une fascination chez beaucoup et notamment nous, les français. Et c’est réciproque. Et cela remonte à loin. Lors de la modernisation décidée ( et avec quelle force!) par Pierre le Grand au XVIIIéme siècle, lequel imposa le Français comme langue officielle à la cour et dans la diplomatie ( Voir à ce sujet le très intéressant ouvrage de Marc Fumarolli « Quand l’Europe parlait Français ») jusqu’aux liaisons coupables entre le PCF et l’URSS, en passant par les emprunts russes (Auxquels ma famille a souscrit mais ce n’est pas le problème) c’est une histoire d’amour parfois contrariée entre les russes et nous.
Bien entendu, les écrivains n’ont pas été en reste. Voici quatre livres, quatre exemples de cette intérêt, de diverses natures.

On ne présente plus Alexandre Dumas, on connait le romancier père de personnages mythiques de notre imaginaire par contre on connait moins le journaliste qui se rendit en diverses parties du monde, notamment en Russie et dans le cas qui nous intéresse, le Caucase.
Il est intéressant de relire ce court texte pour de multiples raisons, la précision et l’humour de l’auteur mais aussi sa résonance en regard de notre actualité hantée par l’Islamisme.

Autre auteur bien connu, Joseph Kessel, journaliste, aventurier, romancier mais aussi fort doué pour la nouvelle ainsi que le prouvent les deux recueils « La steppe rouge » (1922) et « Les coeurs purs » (1927)
C’est en l’espèce le premier qui est le plus concerné par le thème de cette chronique, fresque en six histoires de la Russie Bolchevique qui montre comment la folie collective contamine jusqu’au plus modérés, tel le professeur de mathématiques raisonnable qui devient un chef de bande sanguinaire ou encore ces hommes qui simulent la folie pour échapper à la terrible justice communiste.

» Les coeurs purs » se compose quant à lui de trois nouvelles, dont deux concernent la révolution Bolchevique, l’une met en scène l’improbable histoire d’amour entre le leader anarchiste Mkhno et une jeune juive qu’il sauve du massacre, l’autre, un ancien officier membre de la redoutable bande anti-bolchevique « La division sauvage », être fourbe et violent qui survit misérablement à Paris.

Pour finir « Ungern, le baron fou » biographie par Jean Mabire du célèbre baron anti-bolchevique, illuminé et d’une cruauté qui parvint à surpasser une guerre civile russe pourtant peu avare en horreurs. Antisémite, convaincu d’être le nouveau Bouddha qui finit fusillé par ses ennemis, Roman Fiodorovitch Ungern Von Sternberg est l’un des personnages les plus atypiques et les plus répugnants de la révolution russe, qui méritait malgré tout un livre, tâche dont se charge avec un certain talent Jean Mabire, habitué des récits militaires, notamment concernant les Waffen SS.
A bientôt!
