Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers!

LXXX- Littérature militaire.

Aujourd’hui: les collabos en uniforme.

Aujourd’hui, sous le patronage du grand mufti de Jérusalem, un tout d’horizon de la collaboration armée avec l’Allemagne nazie. Ainsi que le montre cette photo, le chef religieux susmentionné salue d’un bras levé de circonstance des troupes. Pas n’importe lesquelles, la XIIIéme division SS « Handschar » constituée de musulmans bosniaques et levée grâce au concours du mufti. En ces temps ou la violence politique s’est installée, il semble bon de rappeler que cette dernière n’épargne rien sur son passage. Preuve en est -comme va le montrer cet article- la présence massive de volontaires dans une armée qui n’était pas la leur qui est un effet parmi d’autres de la guerre. Et pas des moindres.

Afin d’illustrer ce propos, cinq livres, qui m’ont semblé parmi les plus intéressants sur cette question au fil de mes lectures.

« La brigade Frankreich » (1973) et « La division Charlemagne » (1974) de Jean Mabire appartiennent à une trilogie dont le dernier volet est « Mourir à Berlin » (1975) que je n’ai pas lu. Eh oui, les amis, je reste fidèle à mes principes, je ne parle que de ce que j’ai lu. Cette mise au point faite, commençons. Les livres de Mabire retracent le parcours de plusieurs volontaires français dans la Waffen SS, suite à la dissolution de LVF ou Légion des volontaires français contre le Bolchevisme qui dépendait de la Wehrmacht.

Ils permettent des souligner les particularités de ces unités. Formées tardivement en raison des pertes humaines croissantes subies par l’Allemagne sur le Front Russe, et constituées de véritables volontaires, ce qui les distingue d’autres formations levées à grands renforts de « Malgré nous »

Mabire – et c’est là son mérite- s’intéresse aux motivations de ces hommes, allant du goût de l’aventure ou de la guerre à l’idéalisme en passant parfois par l’opportunisme. Il y a par ailleurs dans ces ouvrages une description très précise de la progression et des combats menés par les différentes unités sans négliger le pittoresque et le cocasse.

Je passe sur « La division Nordland » (1982) qui évoque la fin des divisions scandinaves de la SS. Mabire à qui ses éditeurs demandaient toujours plus d’ouvrages sur cette question semble ici à bout de souffle, dépourvu de l’énergie de ses précédents livres. Celui-ci n’a de valeur que documentaire et est à réserver en priorité aux complétistes.

Beaucoup plus intéressant « Les SS de la Toison d’or » (1975) de Saint Loup, de son vrai nom Marc Augier, lui-même ancien engagé français de l’armée allemande. Il avait d’ailleurs raconté son expérience dans son premier livre « Les volontaires » et consacra plusieurs ouvrages en rapport avec ce sujet, mais aussi d’étonnants et inclassables romans comme « Une moto pour Barbara ». Pour en revenir à l’ouvrage ici présenté, il s’agit du récit très détaillé de la formation des unités de la Waffen SS belge et en particulier Wallonne et du destin de son chef l’inénarrable Léon Degrelle.

Plus précis et riche en détails que Mabire (Sans vouloir dénigrer celui-ci, soit dit en passant) et plus clair quant aux motivations très spécifiques des volontaires belges en général et du premier d’entre eux Degrelle. Et qui pourraient se résumer par cette phrase: « Ils avaient oublié leur patrie mais ils avaient retrouvé leur sang. »

« La division Skanderbeg » (2004) de Laurent Latruwe et Gordana Kostic porte quant à lui sur les albanais rangés sous la bannière allemande de manière tardive et de manière encore plus complexe et aigue que pour les belges. En effet, ce pays alors fraîchement libéré de la tutelle austro-hongroise souffrait de nombreuses fractures territoriales, ethniques et religieuses qui amenèrent une partie de la population à endosser l’uniforme allemand. Ils se montrèrent du reste piètres soldats, indisciplinés, parfois déserteurs, ne laissant qu’une poignée d’entre eux respecter leur serment jusqu’au bout auprès d’autres volontaires étrangers….belges!

Le passé éclairant le présent, ce livre permet de comprendre les guerres qui ensanglantèrent les Balkans tout au long des années 90, car il ne se borne pas au strict récit militaire, il évoque de manière très affûtée le méli-mélo géopolitique qui agita cette partie de l’Europe pendant l’Entre-deux guerres.

Pour finir, ce très bel album qui répertorie les volontaires asiatiques et caucasiens des forces armées allemandes, ce qui ne manque pas d’une certaine ironie en regard de l’idéologie prônée par le régime nazi. Mais encore une fois, nécessité fait loi. Vu le manque d’hommes, il fallait bien quelques entorses aux principes.

A noter que cet album propose également de nombreux textes fort intéressants.

A bientôt!


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