Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers!

LCVII- Un pas plus! Enfants perdus, perdus….

L’enfance, dorée ou malheureuse, réelle ou fictive, banale ou différente, cette période de l’existence de tout être humain nous habite tous, et les écrivains ne sont pas en reste, qu’il s’agisse pour eux d’évoquer ou leurs souvenirs, ou de bâtir un récit sur ce sujet.

Voici deux exemples aux Antipodes l’un de l’autre qui explorent la question, parfois pour le pire!

« On vole des enfants à Paris » (1909) de Louis Forest.

Louis Forest (1872-1933) était un journaliste, homme politique, nouvelliste, essayiste, et plus rarement romancier. Il donna dans ce genre « On vole des enfants à Paris », récit d’anticipation ou les enfants du titre sont enlevés par un savant pour leurs qualités exceptionnelles ( On les qualifierait aujourd’hui de surdoués ou de HPI) afin de créer la souche d’une humanité nouvelle et supérieure. Bien sûr, la réunion de ces « petits génies » ne donnera pas le résultat escompté.

Réflexion sur l’intelligence, sa place et sa valeur, sur l’éducation et l’espoir placé dans les enfants différents, le livre de Forest compense son style banal par une imagination et son brassage de thèmes passionnant. A l’heure ou le QI baisse, ce livre – dont l’un des mérites est de profiter de son grand nombre de personnages pour exprimer des points de vue opposés- a quelque chose de salutaire.

« L’île Atlantique » (1979) de Tony Duvert

Bon, là on change d’époque et surtout, et malheureusement, de registre. Pourquoi malheureusement? Parce que Tony Duvert (1945-2008) était une ordure, pédophile revendiqué qui doit de ne pas avoir eu plus d’ennuis juridiques par une certaine folie propre aux années 70, qui voulait, pour faire vite « Interdire d’interdire! » Parler de Duvert est d’autant plus malheureux que cet auteur en dépit de son intrinsèque saloperie avait du talent. Dans « L’île Atlantique », l’auteur montre un talent certain dans cette histoire de gamins responsables de la dégradation d’une maison de vacances sur une île imaginaire de la côte Atlantique. Description de la perversité quotidienne qui débouche sur le drame, ou les adultes n’ont pas le beau rôle. Et ironiquement, les enfants non plus. Ironiquement, car si Duvert a passé le plus clair de son oeuvre à dénoncer les adultes et la famille, il ne se montre guère plus aimable avec les enfants, aussi pervers et répugnants que leurs aînés.

Personne n’est sympathique dans ce roman, déprimant autant que brillant. Hélas.

Bon, j’arrête là. Il est temps de passer à autre chose.


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