LCII- Les Hussards, un hommage….
Mouvement littéraire né pendant l’Après-guerre, les Hussards se distinguaient par leur appartenance revendiquée à la droite, et s’opposaient à l’Existentialisme clairement à gauche de Sartre et consorts. Outre ce positionnement politique, l’autre caractéristique de ce mouvement était son ton épique, ironique, loin du sérieux de la gauche littéraire d’alors.
Initié par André Fraigneau, il eut pour figures principales Roger Nimier, Antoine Blondin, Marcel Aymé, Albert Vidalie ou encore Kléber Haedens. Ces écrivains je dois le dire et pour de multiples raisons, sont chers à mon coeur, aussi suis-je heureux de partager leurs souvenir avec vous!
Michel Déon (1919-2016) fut le dernier des Hussards, mélangeant picaresque et mélancolie dans nombre de ses livres, il livra les plus beaux exemples de cette veine dans ces trois romans publiés au cours des années 70, « Les poneys sauvages » (1970) « Le jeune homme vert » (1975) et sa suite « Les vingt ans du jeune homme vert » (1977)
Foin de la chronologie, je commencerais par le diptyque du « Jeune homme vert » qui est l’histoire d’un enfant naturel élevé par un paysan employé par un aristocrate gentleman farmer. Le garçon grandit puis traverse la seconde guerre mondiale, oscillant entre collaboration et résistance et rencontrant une foule de personnages extravagants, parfois attachants, parfois antipathiques, jamais insignifiants. Un escroc serbe, un curé bretonnant, une actrice infidèle et insupportable (La femme infidèle et insupportable est une figure récurrente chez Déon) Riche dans son action autant que dans sa prose, un livre ( Les deux livres n’en formant qu’un, en fait!) roboratif qui comptent parmi les oeuvres marquantes de ces cinquante dernières années!


Rédigé cinq ans avant « Le jeune homme vert », « Les poneys sauvages » se situe dans un esprit assez similaires avec une plus grande mélancolie toutefois. L’histoire est celle de trois amis qui se rencontrent à la veille de la Deuxième Guerre Mondiale, et qui vont se croiser au fil des soubresauts de l’Histoire, leurs vies mêlant l’action, l’espionnage, les amours mouvementées, et les nouveaux mouvements sociaux ou sociétaux de la fin des années 60 (Voir à ce propos les pages sur les hippies qui sont hilarantes) Mais au-delà de cet aspect qui pourrait faire passer la chose pour un roman d’aventures, il y a un constat à la fin du livre, celle de la fin d’un monde et d’un type d’homme engendré par ce monde symbolisé par « Les poneys sauvages » du titre, un type, une race qui prenait des risques et assumait son destin.
Un livre magnifique.

