Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers!

LCXXXIX- Un pas plus!

Aujourd’hui, le crime, petit ou grand, de la banlieue parisienne au lointain Japon….

« Classe dangereuse » de Patrick Grenier de La Salle narre la dérive pendant l’hiver 78 d’une bande de Rockabillies parisiens, laquelle débouchera pour certains d’entre eux sur un changement de vie.

Largement autobiographique, et donc authentique, proche par certains côtés des « Seigneurs » de Richard Price, « Classe dangereuse » est un voyage dans le temps qui plaira autant à ceux qui ont connu cette époque qu’aux autres, lesquels découvriront la dépouille, les codes d’une délinquance ou semi-délinquance disparue ainsi que d’une époque ou le Rock n’était pas qu’un objet décoratif.

Changement de pays et même de continent avec les deux ouvrages suivants, « Yakuza » de David Kaplan et Alec Dubro, et « Mémoires d’un yakuza » de Junichi Saga.

Le premier est un document consacré à la mafia japonaise rédigé par deux journalistes américains qui retrace l’histoire de cette criminalité très spécifique à un pays, au-delà de l’image donnée par la fiction et notamment le cinéma. L’un des points les plus intéressants est que, comme ailleurs, la pègre est un reflet de la société légale…et de ses contradictions. Refuge dès l’origine ( Les clans yakuzas ont commencé à se former à la fin du Moyen-âge) des samourais au chômage et autres parias de la société, ce monde n’en n’est pas moins strict quant au respect des règles, lesquelles incluent une obéissance absolue au chef. C’est aussi une évocation des mutations de cette criminalité qui va de pair avec l’histoire tourmentée de l’archipel, la dictature militaire et le lendemain de la Deuxième Guerre Mondiale.

Un ouvrage de référence pour tous ceux qui s’intéressent au Japon ou veulent en découvrir un pan méconnu.

« Mémoire d’un yakuza » est aussi un document mais au registre plus intimiste, puisqu’il se centre sur la vie d’un yakuza ordinaire, suivant les confidences de ce dernier à son médecin. Le livre a les qualités et les défauts de la littérature de témoignage. L’authenticité pour le meilleur, les limites de l’expérience personnelle pour le pire. Selon l’homme qui livre ici ses souvenirs, la violence du monde des yakuzas telle qu’elle est montrée au cinéma est excessive. Vrai et faux, cela dépendait des villes ou les clans étaient installés et du statut de ces derniers. Ce fut particulièrement vrai après la guerre, dans les villes les plus dévastées ( Hiroshima, bien entendu) ou les yakuzas locaux sans statut se livraient à une violence désordonnée et mortifère. Il en allait tout autrement à Tokyo ou autres grandes cités, ou la pègre locale en cheville avec les autorités d’occupation américaines tenaient à une certaines discrétion et ne recouraient à la violence qu’en cas de force majeure, comme lorsqu’il fallut chasser les concurrents étrangers »Les sangkokujin » ou gens des trois pays (Corée, Taiwan et Chine)

« Mémoires d’un Yakuza » reste cependant un livre intéressant par son authenticité.


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