Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers!

LXXIV- Les asiatiques dans le cinéma cinéma français.

Les asiatiques dans le cinéma français ont eu leur place et ce bien avant Frédéric Chau ou Steve Tran. Depuis les années 30, ressortissants de ce qui étaient nos colonies ou acteurs importés, eurasiens ou asiates pur sucre, ils sont apparus dans divers emplois. En voici quelques uns!

Foun Sen. Foun Sen, de son vrai nom Cécile Nguyen-Ngoc Tue (1914-1989) fut particulièrement active dans les années 1930 ou elle fut LA chinoise du cinéma français dans d’innombrables films, avant de jouer son unique rôle principal dans « La collection Ménard » (1944) de Bernard Roland.

Par la suite, sa carrière connut une longue ellipse qui s’acheva en 1963 ou elle joua dans un film de son mari Léo Joannon « Fort du fou » ou elle partage l’affiche avec un jeune acteur prometteur: Jean Rochefort. Elle fit ensuite des apparitions sporadiques, notamment dans « Cinq gars pour Singapour » (1967) de Bernard Toublanc Michel puis se retira définitivement des écrans en 1969.

« La collection Ménard »

Foun Sen et Pierre Richard Wilm dans « Yoshiwara » (1937) de Max Ophuls, ou figurait également un autre acteur asiatique: Sessue Hayakawa.

Sessue Hayakawa (1889-1973) restera à jamais dans les mémoires pour « Le pont de la rivière Kwai/Bridge over the river Kwai » (1958) de David Lean, ou il tenait le rôle à la fois complexe et ingrat du commandant de camps de prisonniers. Sa carrière ne se borna pas à ce film qui, pour être inoubliable, ne doit pas effacer le reste. Sessue Hayakawa commença comme un des grands séducteurs de l’époque du Muet, un des asiatiques à faire une carrière internationale dans les années 30. Il n’est pas question dans ce tour d’horizon de faire une filmographie complète de cet immense acteur, mais citons tout de même « Macao, l’enfer du jeu » (1937) de Jean Delannoy, ou encore « La bataille » (1923) qu’il réalisa avec Edouard Emile Violet. Sans compter le nombre impressionant de films américains auxquels il participa. Notons qu’il figura également dans le film de propagande nippo-nazi « Der tochter des Samurai/ La fille du samourai » (1937) de Arnold Franck et Mansaku Itami. Cela ne dot pas donner une idée fausse du personnage dont la vie fut aussi incroyable que l’oeuvre. Hayakawa appartint à la résistance française et fut décoré pour cela, puis se retira à la fin de sa vie dans un monastère bouddhiste.

Pour l’anecdote, la célèbre romancière Colette cita son nom dans le livret qu’elle écrivit pour un opéra pour enfants.

Pour tout cela, domo arigato!

Dany Carrel (1935?- 2021) Faut-il la présenter? Un des principaux atouts charme ( Avec Françoise Arnoul) du cinéma français des années 50, métisse qui ne découvrit ses origines vietnamiennes que tardivement et en souffrit, d’ou le titre de son autobiographie « L’annamite ». Outre ce détail, il convient de reconnaître que sa carrière à bien juger fut des plus intéressantes. Elle contribua à lancer Serge Korber avec lequel elle tourna à deux reprises dans « Un idiot à Paris » (1967) ou elle donnait la réplique à Jean Lefebvre. Ainsi que dans « La petite vertu » (1968) émouvante dans son rôle de tendre voleuse perdue dans un triangle amoureux entre un inquiétant Robert Hossein et un Jacques Perrin candide. A noter la chanson du film qu’elle interprète « Qui je suis » qui renvoie -peut-être – à son problème d’identité. On n’oubliera pas non plus « La pacha » (1967) ou elle tient sa partie face à Jean Gabin. Merci madame!

Ysabelle Lacamp. Continuons dans la série des artistes multi-fonctions avec un bel exemple du genre: Ysabelle Lacamp. Universitaire distinguée, auteur de best-sellers, chanteuse de variétés et…actrice. Souvent dans des films érotiques ou elle jouait de son charme franco-chinois et c’est heureux, car aucune de ces choses ne restera dans les annales. Sans jeu de mots. On citera quand même « Emmanuelle 2 » (1975) de Francis Giacobetti, « Le jardin des supplices » (1976) de Chritian Gion ainsi que la comédie lamentable « Les aventures de guidon fûté » (1980) de Jean Marie Durand. On peut ajouter un grand nombre d’apparitions à la télévision, notamment dans « Les cinq dernières minutes »

Ysabelle Lacamp

Chantal Goya. Eh, oui, Marie Rose, en plus d’être franco-vietnamienne, fut d’abord actrice avant d’emprunter « Le soulier qui vole » et certains lui prédisaient même un bel avenir dans le cinéma. Le destin en décida autrement et c’est dommage. Outre « Masculin féminin » de Godard, elle participa à un nombre non négligeable de films, dont quelques uns surprenants, tel la production franco-allemande « Quand Ludwig part en manoeuvres ».

Comme je l’ai dit précédemment, je ne parle que de ce que j’ai vu, aussi, me limiterais-je pour ce qui concerne Chantal Goya à une seule de ses prestations et pas des moindres, celle dans « Les gaspards » (1973) de Pierre Tchernia. Merveilleus et sous-estimée, cette comédie qui met en scène une communauté de doux rêveurs souterrains en guerre contre la modernité agressive incarnée par un Charles Denner désopilant. Chantal Goya y apporte beaucoup de grâce entre Michel Serrault et Philippe Noiret, tous deux excellents, comme de coutume.

C’est tout pour aujourd’hui!


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