LXIII- Les personnalités du cinéma français.
Aujourd’hui: Raoul Coutard, le grand mou.
Ceux qui parmi vous aiment la Nouvelle vague ont forcément entendu parler de Raoul Coutard. Chef opérateur de légende pour Truffaut et Godard, et tant d’autres. Cela dit si Coutard est entré dans l’histoire par son art de l’éclairage, il est moins connu pour sa carrière de réalisateur.

Entre 1970 et 1982, Coutard réalisa trois films fort différents mais ayant en commun une extrême lenteur et, il faut le dire, d’être plus déroutants que réussis.
Le plus intéressant – et il s’agit d’un avis personnel, loin de moi l’idée d’influencer le jugement de quiconque- reste « Hoa Binh, du nom du célèbre fleuve qui signifie « La paix » en khmer. Il narre la fuite de deux orphelins lors de la guerre du Vietnam, ce qui donnerait une ironie malvenue au titre, si ce n’était le contexte.
Poétique et lent, remarquablement filmé, parfois émouvant et parfois très ennuyeux, « Hoa Binh » est bien inégal mais a le mérite d’évoquer le conflit américano-vietnamien du point de vue des habitants de ce pays, ouvrant ainsi la voix à « Poussière d’empire » (1983) de Lam Le qui traitait d’un thème similaire avec mais avec plus de talent.

« La légion saute sur Kolwezi » (1979) relève d’un tout autre genre, le film de guerre. Il faut mettre à ce propos au crédit de Raoul Coutard qu’il connaissait la guerre pour avoir combattu les japonais en Indochine, ce qui ne lui donne pour autant pas plus de vigueur dans cette relation de la libération d’otages français à Kolwezi. Malgré une distribution quatre étoiles et de belles images, les scènes d’action sont atones, les personnages inexistants, le rythme absent. Bon, cela dit, le film passe bien avec une bière.

Finissons en avec cette trilogie de la guimauve fondue avec ce qui, il faut l’avouer, en constitue le clou: « SAS à San Salvador » (1982). Adaptation de la célèbre série de Gérard de Villiers avec son prince autrichien Malko Linge espion à ses heures qui non content de terrasser les ennemis de la démocratie capitaliste pourrait écrire le guide du queutard, comme il y a un guide du routard, tant le monsieur trempe sa nouille partout ou il va en mission. Et pas chez les plus dégoûtantes, en quoi il a bien raison.
Allez j’arrête là, et venons en à l’essentiel, le film. Sans surprise, peu d’action, guère plus de sexe (A noter quand même la scène d’amour sur un capot de voiture avec les essuie-glaces qui se mettent en marche dès que la pluie tombe, ah le coup de l’essuie-glace intelligent!) pas de rythme avec un montage mouche tsé-tsé. Bref, on ne retrouve rien du « charme » des livre de notre bon Gérard qui présentaient l’avantage de pouvoir passer sans ennui un trajet Paris-Marseille.
Pour l’anecdote, l’acteur principal l’américain Miles O’Keefe avait été star du Football américain et juriste avant d’entamer une carrière dans le cinéma dans le « Tarzan » (1980) de John Derek ou il partageait l’affiche avec Bo Derek le sex-symbol d’alors. Outre que le film de Coutard ne parvint pas à initier une série à la James Bond, il ne porta pas chance à son interprète qui se cantonna dans la Série Z. Voir « Ator », piètre copie de Conan.
A bientôt!
